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Ni Calendal non plus, le fils d'un pécheur; mais il sait qu'il l'aime.
Ivre d'amour, fou, il a accompli des exploits merveilleux pour gagner cette femme adorée. Insensible, très fière, elle le repousse toujours. Hors de lui, le jeune homme lui reproche d'être la fée Estérelle, qui hante les montagnes, de l'avoir trompé, de l'avoir attiré par des promesses qu'elle n'a pas tenues; et vif comme la poudre, il tourne son pistolet contre lui-méême, prét à Sge tuer.
La belle femme pousse un crir et s'élance vers lui; ils s'em— brassent. Mais c'est un baiser froid et pur. Elle ne peut pas céder à son désir: elle est mariée.
Etonné, attristé de cette nouvelle inattendue, Calendal lui demande son nom et son origine, et la femme divine— nous lui donnons le nom d'Estérelle— le conduit à sa demeure.
Là, au milieu des rochers, elle parle de ses ancétres, ces princes des Baux, qui ont autrefois régné sur une grande partie de la Provence. Mais leurs châteaux splendides, autrefois séjour des trouvères et des amis du»Gai-savoir«, sont tombés en ruines.
Un seul leur est resté: c'est le chäteau d'Aiglun, au milieu des Alpes.
Et de même que de tous ces chaäteaux un seul a été con- servé, de même aussi de cette noble race de chevaliers un seul rejeton existe encore: c'est Estérelle.
Au milieu des hautes montagnes, elle a passé une heureuse enfance dans ce chateau d'Aiglun. S'adonnant à la chasse, vivant toujours en pleine nature, elle a refusé beaucoup de riches pré- tendants, descendants des plus nobles familles. Tel a été son orgueil.
Mais, dans une nuit orageuse, un étranger a frappé à la porte de son chateau. On l'a fait entrer. Et cet étranger, qui n'était rien moins que le comte Sévéran, le roi puissant des Alpes, a su briser la résistance de la princesse, et l'a captivée de son regard farouche.
On a pressé le mariage.
Le jour des noces, on a vu les amis et les sujets du comte remplir les anciennes salles. C'était une foule étrange, en effet, aimant les chansons libertines, les mœurs si peu semblables à celle des anciens princes des Baux.
Vers la fin de la fête, un vieillard est entré dans la salle. Son aspect vénérable a fermé la bouche aux convives, a fait


