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Manuel du Chrétien vivant dans le monde : avec approbation de son éminence le Cardinal Archevêque de Paris
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le bien des actions honteuses. Lorsque, pour paraître et pour briller, on a dévoré ce que l'on avait, on dépense ce qu'on n'a pas; on s'engage dans les dettes, puis, dans les spéculations hasar­deuses, quelquefois même dans les entreprises coupables. Telle est la pente qui entraîne au début de leur vie bien des gens honnêtes et qui le seraient restés, s'ils avaient été fidèles aux habitudes d'ordre et d'économie.

Pour les femmes surtout, ce luxe effréné est une cause de chutes déplorables. En même temps qu'il dessèche leur coeur, il les porte à tout oser pour satisfaire leur vanité et leur passion fri­vole: il leur fait considérer comme nécessaire ce qui n'est qu'un puéril superflu, et comme lé­gitime ce qui est un déshonneur et un crime.

Si donc nous voulons rester chrétiens, fuyons les excès du luxe. Si nous sommes riches, em­ployons avee noblesse, avec largeur les biens que Dieu nous a donnés, et ne nous laissons pas aller à l'avarice; mais sachons régler nos dé­penses sur nos revenus, sur nos besoins et non point sur nos fantaisies. Sans doute, nous n'é­clipserons pas de la sorte nos égaux, mais nous ne ferons pas non plus naître chez ceux qui sont au- dessous de nous une basse et dangereuse envie. En conservant les biens qui sont destinés à nos enfants, nous saurons cependant trouver de quoi faire à nos serviteurs une position hon­nête à la fin de leurs jours, donner aux pauvres la part qui leur est légitimement due dans notre fortune, et vivre honorablement aux yeux des hommes.

Si nous n'avons qu'une modeste aisance, fuyons encore davantage la dépense exagérée. Elle serait notre ruine dans le temps et peut- être notre perte pour l'éternité. Car le christianisme consiste non pas à jouir beaucoup, mais à savoir se priver.

Univ.- Bibl. Giessen