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Jesus- Christ; il doit le traiter comme il voudrait être traité lui- même s'il était à sa place; autrement, ou il dégrade le caractère de celui qui le sert, ou il l'exaspère ou il fait de son domestique un homme sans coeur, sans dignité, ou il fait naître en lui des sentiments qui ne se contiennent quelque temps que pour éclater avec plus d'aigreur ensuite.
Traitons donc nos inférieurs d'une manière vraiment chrétienne, c'est- à- dire, avec respect pour leur titre d'hommes et de chrétiens. Toutefois, que cette juste réserve ne descende pas jusqu'à la familiarité. Un chef doit toujours être le chef: il a une position à garder, un rang à maintenir, et s'il veut que le respect qui lui est dû lui soit continué, il faut qu'il s'abstienne de ces manières familières, de ces libertés de ton, de langage qui s'expliquent entre camarades, mais qui sont déplacées entre un supérieur et ses subordonnés. Cet excès, d'ailleurs, amène toujours tôt ou tard des inconvénients; il pousse les serviteurs à se croire les maîtres et à agir avec inconvenance; parfois même il a des conséquences plus graves encore, qu'il est facile de comprendre.
Mais ce n'est pas seulement vis- à- vis de ses domestiques qu'un père de famille doit maintenir sa dignité; c'est aussi vis- à- vis de ses enfants. On a dit qu'un père devait être l'ami de ses enfants. Rien n'est plus faux; un père n'est pas un ami pour ses fils, c'est- à- dire, un camarade, un égal avec lequel on traite comme tel, avec lequel on plaisante, auquel on résiste, que l'on écoute ou n'écoute pas à son gré. Un père est à l'égard de ses fils le représentant de l'autorité divine. Il ne doit donc pas en être l'ami. Il doit seulement ehercher à s'en faire aimer, ce qui est bien différent. L'amour filial, comme l'amour de Dieu, doit toujours être un mélange de respect, de crainte


