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sans une responsabilité grave qu'ils ont l'autorité, c'est- à- dire le droit et le devoir de commander, de reprendre, de corriger, de punir. Il ne leur est pas plus loisible de laisser par leur faiblesse l'âme de leurs enfants se perdre, qu'il ne le serait de les laisser mourir de la vie du corps, faute de leur faire subir un traitement douloureux, mais nécessaire.
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La tendresse d'un père, d'une mère doit donc se prouver par leur vigilance sur les défauts de leurs enfants. Ils doivent tout faire pour éloigner d'eux les discours, les exemples qui portent au mal; puis, s'ils découvrent en eux un penchant au vice, ils ont pour devoir de combattre ce penchant avec douceur sans doute autant que possible, mais au fond avec une inébranlable fermeté. Leur enfant aurait beau pleurer, qu'ils ne le laisseraient jamais approcher de sa bouche un poison mortel: pourquoi lui permettraient- ils davantage de corrompre et de perdre son âme par le contact du mal, de la dissimulation, de la paresse, de l'impureté, de la colère, etc?
Il faut donc que les parents soient vigilants pour leurs enfants; mais les supérieurs doivent l'être encore pour ceux qui dépendent d'eux. De notre temps l'autorité n'est plus la même que dans les siècles passés, et il y a des nuances dont il faut tenir compte; mais tout en conservant les précautions que la prudence indique, ils doivent veiller. Surtout si, dans leur maison, ils ont des filles de service qui soient jeunes, des domestiques sans expérience, ils doivent redoubler de vigilance, se gêner, s'il le faut, pour éviter des occasions de chute, et pour conserver innocentes des âmes qu'ils ont reçues pures. Bien des maîtres et des maitresses ayant des sentiments chrétiens n'y pensent pas; il y a là cependant pour eux une responsabilité grave, un devoir dont ils auront à rendre compte devant Dieu.


