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font partout impression sur notre maniere de penser, de parler et d’agir,, malgr&e que nous en ayons. Car est-il possible de parler toujours haine et vengeance, surlout lorsqu’on s’adresse a de belles femmes, au regard desquelles on n’a qu’a- mour dans la bouche? Du commencement Andre ne se metlait que d'une maniere foreee au ton usuel d’une conversation de salon, si nulle et insigni- fiante& l’ordinaire. Il recherchait avec soin les reunions inlimes, y revenant continuellement etä tout propos ä ses idees habituelles, a ses discours de predileetion. On aimait a l’entendre parler hu- manite, al’entendre tonner contre les rois loujours despotes el tyrans; ses sarcasmes contre les aristo- crales, contre le servilisme et mulisme de paroles, d’opinions, plaisaient par la chaleur qu'il y mettait et par son soin de loujours&viter des personnalites blessantes. La froideur polie, mais trop glaciale, dont ilse presentail a l’ordinaire au premier abord, contrastait d'une maniere piquanle avec sa verve, son@loquence animee, quand une fois il se meltait en train de parler. Sa mise toujours simple, son langage sans recherche, son peu de pretention A se meltre en avant, A faire briller son esprit ou ses connaissances, le faisaient tolerer par tout le monde et partout. Plus goüle dans une societe d’elite ou dans un tele-a-löte que dans un cerele nombreux, ceux qui lapprochaient de plus pres savaient l’ap- precier davantage. Bientöt Andre, bien vu et aime partout, commenca a se repandre de plus en plus dans ce qu’on appelle le beau monde, et peu a peu il modifia le genre de sa conversalion, en abandon- nant les sujets poliliques, ne voulant pas prostituer
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