374 DE LA NATURE. animal dans l’ordre des générations, est pour lui le même que le premier animal. Et en effet, si nous vivions, si nous subsistions à jamais, si tous les êtres qui nous environnent subsistoient aussi tels qu’ils sont pour tou- jours ,et que tout füt per pétuellement comme tout est aujourd’hui, l’idée du tems s’éva- nouiroit, et l'individu deviendroit l'espèce. Eh! pourquoi nous refuserions-nous de considérer la Nature pendant quelques ins- tans sous ce nouvel aspect? À la vérité l'homme, en venant au monde, arrive des ténèbres; lame aussi nue que le corps, il naît sans connoissance comme sans défense; il n’apporte que des qualités passives; il ne peut que recevoir les impressions des objets, et laisser affecter ses organes; la lumière brille long-tems à ses yeux avant que de éclairer: d’abord, il recoit tout de la Nature, et ne lui rend rien; mais, dès que ses sens sont affermis; dès qu'il peut comparer ses sensations, il se réfléchit vers Punivers; 1l forme des idées, il les conserve, les étend, les combine: l’homme, et sur-tout l’homme instruit, n’est plus un simple individu; il représente en grande partie l'espèce humaine entière; ila commencé par recevoir de ses pères les connoïssances qui leur avoient été
Teil eines Werkes
[1]1, Histoire naturelle des quadrupèdes : 23
Entstehung
Paris VIII [1799/1800]
Seite
374
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