366 DE LA NATURE.
nous ne devons qu’à nous-mêmes; metions le feu à cette bourre superflue, à ces vieilles forêts déja à demi-consommées; achevons de détruire avec le fer ce que le feu n'aura pu consumer: bientôt, au lieu du jonc, du nénuphar, dont le crapaud composoit son venin, nous verrons paroître la renoncule, le treffle, les herbes douces et salutaires; des
troupeaux d'animaux bondissans fouleront
cette terre jadis impraticable; ils y trouve- ront une substance abondante, une pâture toujours renaissante; ils se multiplieront pour se multiplier encore: servons- nous de ces nouveaux aides pour achever notre ouvrage; que le bœuf, soumis au joug, em- ploie ses forces et le poids de sa masse à sillonner la terre; qu’elle rajeunisse par la culture; une Nature nouvelle va sortir de nos mains.
Qu'elle est belle cette Nature cultivée! que par les soins de l’homme elle est bril- lante et pompeusement parée! Ilen fait lui- même le principal ornement; il en est la production la plus noble; en se multipliant il en multiplie le germe le plus précieux; elle- même aussi semble se multiplier avec lui; il met au jour, par son art, tout ce qu’elle receloit dans son sçin; que de trésors igno-
À ln RES É


