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PREMIERE VUE. 3565 élevées, s'étendent des espèces de landes, des savanes qui n’ont rien de commun avec nos prairies; les mauvaises herbes ÿ sur- montent, y étouffent les bonnes; ce 1rest point ce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre, ce n’est point cétte pelouse émaïl- lée qui annonce sa brillante fécondité; ce sont des végétaux agrestes, des herbes dures, épi- neuses, entrelacées Îles unes dans les autres, qui semblent moins tenir à la terre qu’elles
ne tiennent entre elles, et qui se desséchant et repoussant successivement les unes sur
les autres, forment une bourre grossière; épaisse de plusieurs pieds. Nulle route, nulle communication, nul vestige d'intelligence dans ces liéux sauvages; l’homme, obligé de
suivre les sentiers de la bête farouche sil
veut les parcourir, contraint de veiller sans cesse pour éviter d'en devenir la proie, effrayé de leurs rugissemens, saisi du silence même de ces profondes solitudes, il rebrousse chemin et dit: La Nature brute est hideuse
el mourante; c’est moi, moi seul qui peut
la rendre agréable et vivante: desséchons ces marais, animons ces eaux mortes en les faisant couler; formons-en des ruisseaux, des canaux; employons cet élément actif
et dévorant qu’on nous avoit caché, et que


