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94 HISTOIRENAIURELELLE

pour les exposer aux premiers rayons du soleil, ils semblent nous rappeler ces peuples antiques dont Phistoire nous fait connoitre les mœurs simples, et qu'elle nous montre assemblés sur une colline élevée et y chantant des hymnes de reconnoissance à chaque appa- rition de l'astre bienfaisant de la lumière. Mais quel est le motif qui porte ces Perroquets à sattrouper ainsi? Au Cap, comme en général dans tous les pays chauds, les nuits sont quelquefois très- froides et surtout fort humides; or les Perroquets sont très-sensibles aux effets de ces variations atmosphériques. IIs n'ont donc pour but dans leur premier rassemblement que de se réchauffer, et de ressuyer

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leurs plumes que des rosées abondantes ont imbibées; ils choisissent pour cela les arbres morts, parce qu'ils y jouissent plus à découvert

des premiers rayons du soleil. Une fois réchauffée et séchée, la troupe

se détache et se rend Par pelotons dans les lieux abondent les

fruits que recherchent ces oiseaux, et dont ils cassent le noyau pour en manger seulement l'amande. Gest en général la manière de vivre de tous les Perroquets; ils préferent toujours les noyaux aux fruits méêmes: aussi dans l'état de domesticité les noisettes, les noix, les amandes, le chènevis, sont-ils Pespèce de nourriture qu'ils aiment le plus. Si on leur donne des fruits, comme des cerises, des prunes, des abricots, etc., on les voit souvent en dépecer la substance pour s'attacher au noyau de préférence. Ce n'est pas cependant qu'ils n'ava- lent aussi quelquefois la pulpe des fruits succulens; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ne la préferent jamais, et qu'il leur faut une nourriture plus substantielle. Quoiqu'il y ait dans les forêèts du cap de Bonne-Espérance plusieurs sortes de fruits agréables à manger et recherchés par les oiseaux purement frugivores, je n'ai jamais trouvé dans Festomac des Perroquets que j'y ai tués que les amandes de ces fruits. Le repas du matin dure jusqu'à dix ou onze heures. A cette heure tous les pelotons se rendent séparément à Pabreuvoir et de Tabreuvoir au bois. Le moment de la chaleur étant venu, ils se réfugient encore par pelotons dans le milieu des arbres les plus touf- fus, pour y étre à l'ombre et jouir en silence de la fraicheur qu'ils y trouvent: je dis en silence, car alors, et contre leur ordinaire, les Perroquets sont tellement tranquilles, qu'il m'est souvent arrivé de m'asseoir, excédé par la chaleur, au pied d'un de ces arbres et dy rester des heures entières sans me douter que j'avois au-dessus de moi une légion de Perroquets, et de ne m'en apercevoir que quand, tirant par hasard un oiscau qui se trouvoit à ma portée, le bruit les faisoit

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