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DES PERROOUET S. 27 et ses bords sont profondément échancrés; de telle sorte que, ne pouvant s'appliquer par ses tranchans à ceux de la mandibule supéè- rieure, le bec ne peut se fermer hermétiquement, comme celui des autres Perroquets. Voyez notre planche XI, oùð nous avons donné la figure d'un de ces Aras ayant son bec fermé.
La trompe, qui est charnue, est arrondie et d'une couleur rouge jusqu'à son extrémité, où elle se termine par un bout noir, qui a la forme d'un gland creusé à sa pointe. Ce bout m'a paru d'une nature solide, parce que, conservant toujours la mème étendue, j'ai très-bien observé qu'il n'étoit par lui-méême susceptible d'aucun mouvement spontané, tandis que T'oiseau avoit la faculté d'allonger ou de raccourcir à son gré, par une sorte de contraction, toute la partie postérieure de la trompe, sans étre obligé de la Ployert ou de la rouler sur elle-mêème.
La singularité de cet organe m'a porté à en observer attentivement les fonctions. Pai remarqué que les Aras à trompe prennent leur nourriture d'une manière qui leur est particulière, et par un méca- nisme tout-à-fait singulier. Dans l'éléphant la trompe, se trouvant au-dessus de la bouche, et pouvant d'ailleurs se rouler et se ployer en tout sens, peut facilement aboutir là ou il plait à lanimal: dans notre Ara, au contraire, la trompe étant placée dans le bec, et rem- placant la langue, dont elle ne peut pas même faire l'office; n'ayant de plus ni la faculté de se ployer ni celle de se rouler; on concçoit qu'il est impossible qu'elle porte dans l'œsophage, au-devant duquel elle est posée, ce qu'elle tient à son extrémité extérieure. La nature a prévu cette diffi- culté, et Ta surmontée en placant sur le palais de l'oiseau une petite saillie, qui sert à détacher du bout de la trompe ce qui sy trouve engagé.
Lorsque l'oiseau veut donc prendre sa nourriture, il commence, ainsi que je Tai dit, par la réduire en petits morceaux, en la découpant ou en la brisant, suivant sa nature, par le moyen de ses mandibules. Allongeant ensuite la trompe, il la promène et en appuye le bout à plusieurs reprises sur les alimens qu'il a préparés. Dès qu'une par- celle s'est engagée dans le petit vide que l'on remarque à l'extrémité de cet organe, il retire aussitét sa trompe dans le bec, en la raccour- cissant le plus possible: puis, la repoussant au dehors, il a soin de la faire glisser contre le palais, dont la saillie détache sans peine la parcelle de nourriture, et la fait tomber directement dans le gosier. Le gosier a son entrée absolument au-dessous de la saillie du palais; et cette entrée, se trouvant taillée à la base de la trompe même, sagrandit
nécessairement à mesure que celle-ci s'allonge


