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24 HISTOIRE NATURELL E

b cette manière, varier à l'infini le plumage des oiseaux, et c'est ce

qu'on s'est permis trop souvent pour le malheur de la science.

On peut voir au Muséum d'histoire naturelle de Paris tous les anciens oiseaux de cette collection, décolorés par les fumigations G b sulfureuses auxquelles on les soumettoit autrefois pour les garantir des ¹ b insectes, et dont heureusement on ne fait plus usage aujourd'hui. Ces fumigations produisent un effet singulier sur les couleurs brillantes des colibris et des oiseaux-mouches: la fumée du soufre leur donne Féclat metallique de'or. Mais il ne faut pas trop répéter cette expéè- rience, si on veut conserver les plumes de ces oiseaux, que des

V fumigations réitérées finissent par charbonner et corroder.

66 Au reste, comme les essences produisent à peu près les mèêmes

V effets, il est presque impossible de voir ces brillans oiseaux dans leur n parure naturelle. De des variations, des contradictions éternelles, parmi ceux qui décrivent le même oiseau; de laà aussi une perfide b V facilité de multiplier les descriptions fautives et de décrire des espèces V qui n'existent pas. b I D'après toutes nos recherches, nous ne voyons absolument que six espèces bien distinctes d'Aras qui nous soient connues et qui appar- G tiennent au nouveau continent. Il est cependant probable que dans une aussi vaste étendue de pays, ouù les Européens n'ont pu pénétrer encore, il existe dautres Perroquets de ce genre; mais je me suis 1 fait une loi de ne décrire que les espèces que j'ai vues, et dont par b conséquent Pexistence ne peut être douteuse, évitant de copier dans ' les autres naturalistes les Perroquets suspects, qui ne sont encore

4 connus que par our-dire. 1 b

1 Delaét a fait mention, dans sa Description des Indes orientales, d'un Ara noir de la Guiane, dont le plumage a des reflets verts, et

qui a le bec rouge et les pieds jaunes. Il habite, dit-il, les terres

incultes, et se tient sur les montagnes stériles. Cette description

convient à IAni ou Bout de Petun, qu'un ornithologiste aussi peu

8 V exercé que Delaét a bien pu prendre pour un Ara. Il a, en effet, les joues nues, quatre doigts, dont deux devant et deux derrière,

8 et de plus la mandibule supérieure surmontée d'une créte qui lui

1 G donne Tapparence d'un bec de Perroquet; mais les Perroquets, qui

4 se nourrissent de fruits, ne se retirent pas sur les rochers, sur les terres incultes. Quant aux pieds jaunes et au bec rouge que l'on

4 prête à ce prétendu Ara noir, on peut avoir peint ces parties dans

8 rindividu qu'aura vu Delaét, comme cela n'arrive que trop souvent

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