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2 (1806)
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20 HISTOIRE NATURELLE

substitution nécessaire, attendu que ce toucan n'est pas celui dont la gorge soit le plus marquée de jaune: je pourrois mème ajouter que, rigou- reusement parlant, elle ne'est effectivement point du tout, puisque la

gorge proprement dite d'un oiseau ne s'entend que de cette partie du cou

8 3.. qui correspond directement au-dessous du bec. Or cette partie est blanche du jaune.

dans notre pignan-coin; et ce n'est que plus bas qu'il porte

Ce toucan est d'une taille moyenne, c'est-à-dire qu'il est beaucoup moins fort que le toco, ou mème que le tocan: son bec, quoique long et épais, n'acquiert jamais non plus le volume de celui de ce dernier; car, dans les mâles parvenus à leur état parfait, cette partie ne va pas au-delà de quatre pouces et demi de long sur dix-huit à vingt lignes dans sa plus grande épaisseur: il est très arqué, la mandibule supérieure étant près du double plus épaisse que T'inférieure; la couleur extérieure en est par-tout d'un beau noir d'ébene, si ce n'est qu'à la base regne une large bande d'un gris bleuâtre, susceptible de se dénaturer, et prenant alors une teinte jaune. Cette bande est terminée du côté de la tèête par une raie noire qui dessine les contours des deux mandibules. Le dedans du bec est rougeâtre; la langue noire et formée comme celles généralement de tous les toucans. La mandibule supérieure présente sur sa partie la plus élevée une espece d'enfoncement qui fait détacher son arète en forme de côte depuis sa base jusqu'aux deux tiers de sa longueur. Les yeux sont entourés d'une peau nue, ridée, et de couleur bleuätre. Dans leur état de repos, les ailes ne dépassent pas la naissance de la queue, qui est arron- die à son extrémité, ses plumes latérales se trouvant un peu plus courtes que les intermédiaires.

Le pignan-coin se distingue par une belle plaque jaune dorange, qui, du milieu du cou, descend jusque sur la poitrine, et dont T'effet est d'au- tant plus agréable qu'elle se trouve encadrée dans le blanc le plus pur qui couvre la gorge ou la partie haute du cou, et ses côtés, tandis que par en-bas elle touche à un large plastron rouge qui ceint la poitrine: ce plastron, bien différent du collier étroit que porte le tocan, s'étend, chez les mäles, jusque vers le milieu du corps. Les couvertures du- dessus et du dessous de la queue, composées de plumes soyeuses, sont du mème rouge que celles de la poitrine: tout le reste du plumage est, sur le corps, d'un noir mat; et, sur les ailes et la queue, d'un noir qui, dans les reflets, prend une nuance verte et luisante. Les pieds, couverts de larges écailles, ont les caracteres de ceux des autres toucans, et sont bleuâtres; les ongles en sont noirs: enfin, pour ne rien omettre, nous dirons que la peau de oiseau est bleue.

La femelle est un peu plus petite que son male, et a le bec plus court de près dun Pouce que celui de ce dernier: la plaque jaune du cou n'est encore iei mi aussi étendue, ni d'une couleur aussi vive; et le plastron rouge, quoique au moins trois fois aussi large que le collier du tocan, ne