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18 HISTOIRE NATURELLE
nos coqs sont fiers de leur beauté; et l'on reconnoit les veuves et les moucherolles maâles à la longueur des plumes qu'ils portent à la queue. Enfin, chez tous ces oiseaux, ainsi que dans tant d'autres especes dont nous ne ferons pas ici Ténumération, il n'y a que les maàles qui soient pourvus de cet excès de plumes d'ornements, que les Hollandais seuls me paroissent avoir bien définies par le nom de pronke-veren qu'ils leur donnent dans leur langue, et que je ne rends que bien foiblement par celui de plumes de parure ou de parade„et mieux encore, pour le sens, par plumes d'étalage, puisque tous ces oiseaux les étalent effectivement dans certains moments, et sur-tout lorsque, animés par la présence de leurs femelles, ils préludent à leurs jouissances amoureuses. Il est donc clair que les individus de cette seconde sorte d'oiseaux de paradis, que je crois former une seconde espece, et qu'on qualifiera, si Ton veut, de seconde race de la mème espece, ou méèême de variété de climat, ne peuvent être considérés comme des femelles de la premiere ou grande espece; d'autant moins encore qu'il ne peut y avoir aucun doute que Toiseau de notre planche n'o 2, que nous donnons pour une femelle, ne le soit réellement, ou du moins qu'il ne soit un jeune maàle, car nous sommes convaincus qu'il est de la même espece: or, sil est un jeune maàle, il est certain que les femelles lui ressemblent; et, sil est une femelle, il est sür encore que le maàle, dans son jeune âge, porte la méme livrée. Cette derniere assertion est non seulement appuyée sur une regle générale de la nature pour tous les oiseaux, mais'observa- tion nous en a prouvé la vérité pour cette espece même en particulier, comme nous Tavons fait voir ailleurs dans la variété que nous avons décrite, et qui, prèête à quitter la livrée de lenfance, commencoit à prendre celle de l'äge muͤr.
Au reste, soit qu'il plaise aux naturalistes de confondre l'oiseau de paradis de cet article avec lespece du précédent, soit qu'ils ne veuillent le considérer que comme une variété de climat, il est nécessaire, je crois, de le distinguer, puisque la nature semble avoir voulu séparer ces oiseaux en leur donnant des attributs différents par la taille et les cou- leurs, et que ces attributs distinctifs sont constants et permanents, comme nous lavons vérifié dans plus de cent cinquante individus des deux especes que nous avons comparés.
Nous avons déja observé, d'après le témoignage de Clusius et d'Hotton Helbigius, que ces oiseaux n'habitent pas le même pays, et qu'on ne les rencontre jamais ensemble; raison de plus pour croire qu'ils forment deux especes bien distinctes. II ne nous reste donc qu'à faire voir leur différence par la description.
Le petit oiseau de paradis émeraude n'a que dix pouces de longueur, mesuré de la pointe du bec à T'extrémité de la queue; sa masse totale est d'un tiers à peu près moins considérable que celle de l'espece précé-
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