DES OISEAUX DE PARADIS. 17
IE PETIT OISEAU DE PARADIS EMERAUDE, MALE.
(N 4)
Cng oiseau est probablement celui dont Clusius a voulu parler en nous
apprenant qu'il y avoit deux especes d'oiseaux de paradis: l'une, plus
grande et plus belle, attachée à l'isle d'Arou, et qui est celle que nous venons de faire connoitre; l'autre, plus petite, qui se trouve à la terre des Papoux la plus voisine de Gilolo, et que nous croyons ôtre celle dont il est ici question; ce qui s'accorderoit encore avec le rapport d'Helbigius, qui ajoute que les oiseaux de paradis de la Nouvelle-Guinée different de ceux de l'isle d'Arou non seulement par leur taille, mais aussi par leurs couleurs blanches et jaunes. On ne trouve cependant dans aucun auteur la description particuliere du petit oiseau de paradis émeraude, les na- turalistes l'ayant toujours confondu avec le grand, quoique ces deux oiseaux soient assez dissemblables(comme il est aisé de s'en convainere en comparant les deux figures que nous en donnons) pour former au moins deux races distinctes, sinon deux especes séparées: il est d'ailleurs à-peu-préès certain qu'ils n'habitent pas le mèême pays, et qu'on ne les trouve jamais ensemble.
Ces deux oiseaux sont aussi communs l'un que Tautre; il est mème beaucoup de cabinets où ils se trouvent réunis, et où le grand passe assez généralement pour le male, et le petit pour la femelle: opinion erronée, en contradiction avec toutes les lois de la nature, trop con- stamment uniforme dans sa marche pour avoir fait un aussi grand
écart, et cela en faveur d'une espece qui, parmi les oiseaux extraor-
dinaires par la pompe de leur plumage, seroit la seule dont les femelles eussent en partage les riches attributs du male. En effet, si nous passons un instant la revue d'une partie de tous ces oiseaux que la nature s'est plu à orner d'une maniere plus magnifique, nous ne voyons briller que sur les males ces belles plumes dont le luxe et la surabondance décelent une intention particuliere: le paon se distingue par les siennes, qu'il déploie en forme de roue; le faisan tricolor est remarquable par son camail, qu'il releve en fraise autour de sa tèéte; la sarcelle de la Chine par Télégance de sa grande huppe flottante, et par les deux plumes qui se redressent sur son dos; le faisan de l'isle de Java par les dernieres pennes de ses ailes, prodigieusement longues, et si richement parées: 5


