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DES OISEAUX DE PARADIS. 15
jeunesse. Jai examiné plus de cent cinquante individus de cette espece: dans ce nombre, je n'en ai vu que sept qui en eussent au bout de leurs filets; et je me suis convaincu que tous ceux qui en étoient munis étoient des oiseaux encore en mue„ou qui avoient récemment muéô. On peut se convaincre soi-méème de cette vérité par l'inspection d'un de ces oiseaux qui a fait partie de ma collection, et qu'on voit aujourd'hui au Muséum d'histoire naturelle de Paris: il a ces palettes, mais les deux filets et les subalaires n'ont point encore acquis leur dimension, et sont encore en- gagés dans leur base par cette pellicule blanche qui entoure les barbes de toutes les jeunes plumes. Je compare donc ces palettes à cette sorte de duvet filandreux qu'on remarque sur les nouvelles plumes de tous les oiseaux en général, et qui se détache de lui-mème quand elles ont tout leur développement.
Ce qui distingue le plus particulièrement l'espece dont nous parlons, ce sont ces longues plumes à barbes décomposées, qui naissent sur les flancs, dépassent la queue avec laquelle elles se confondent, et se jettent par derriere, où elles forment par leur réunion une masse pour ainsi dire aérienne, tant elles sont légeres et transparentes. Les naturalistes les ont nommées subalaires parcequ'elles naissent sous les ailes: elles s'élevent en total au nombre de plus de six cents(1), et sont de formes, de couleurs et de nature différentes, suivant la place qu'elles occupent. Les plus grandes ont de vingt à vingt-deux pouces de longueur, et portent de longues barbes de la nature du duvet, et qui elles-mèmes sont autant de petites plumes dont on distingue très bien les barbilles: leur couleur est d'un brun clair, et elles se terminent toutes par un long filet chevelu.(Voyez la fig. D de la planche 3.) Les secondaires, qui couvrent les premieres, sont à barbes lisses, luisantes, et d'un beau jaune de jonquille.(Voyez fig. Cde la mèême planche.) Les dernieres enfin, qui sont d'une mème nature, et qui couvrent les secondaires, sont très étroites et du même jaune à leurs bases, et forment chacune une pointe d'un pourpre éclatant qui se dessine en riche bordure sur le fond jaune sur lequel elles sont distribuées par rang de taille, les plus petites étant placées le plus haut.(Voyez la fig. Fibid.) Toutes ces plumes subalaires n'occupent à-peu-près qu'un espace de deux pouces quarrés sur les flancs entre les cuisses et la poitrine: elles se trouvent pressées les unes contre les autres, et elles sont implantées si avant qu'elles montrent, toutes, leurs tuyaux sous la peau, qu'elles percent d'outre en outre; ce qui prouve qu'elles sont recues sur un muscle extenseur qui donne à l'oiseau la faculté de les hérisser à volonté, à la maniere du paon lorsqu'il releve ces belles plumes de parade qu'il porte sur le croupion, et que vulgai-
(1) Buffon n'en indique que quarante ou cinquante de chaque côté: j'ai eu la patience de les compter dans cinquante individus bien entiers, à la vérité, et j'ai constamment trouvé que leur nombre s'élevoit de chaque côté aussi de deux cent soixante à trois cent dix; ce qui est bien différent.
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