14 HISTOIRE NATURELLE
rement et très improprement on nomme la queue, nom qu'on a donné souvent aussi aux plumes subalaires de l'oiseau de paradis, quoiqu'il ait une très belle queue. b
Dans le grand nombre d'individus de cette espece que nous avons vus dans les différents cabinets des amateurs, nous avons remarqué que plusieurs d'entre eux n'avoient point de jaune aux plumes subalaires, et que ces parties étoient blanches; ce qui a fait croire à quelques natu- ralistes que ces individus étoient des femelles; mais nos observations nous ont prouvé que cette belle couleur jaune s'effaçoit promptement dans nos cabinets, lorsque ces oiseaux se trouvoient exposés long-temps aux rayons de la lumiere. Jai eu moi-meme dans ma collection plusieurs de ces oiseaux qui, dans l'espace de trois ou quatre ans, perdirent cette belle couleur jaune, et devinrent blancs peu-a-peu; cest ce que pourront confirmer beaucoup de curieux qui ont sans doute éprouvé le mèême in- convénient. Au reste ces oiseaux ne sont pas les seuls qui perdent, à la longue, leur brillant coloris. Ainsi tous ces oiseaux de paradis de la mème espece, que nous voyons avec des plumes subalaires dont le jaune a disparu, sont des individus décolorés accidentellement, et non des va- riétés constantes, encore moins des femelles.
L'ndividu, dont je donne ici la description, fait partie du superbe cabinet qhistoire naturelle de M J. Temmirck, ci-devant caissier de la compagnie des Indes à Amsterdam. Cet amateur est, jusqu'à ce moment, le seul peut- étre qui puisse se flatter d'avoir un oiseau de ceite espece dans son état parfait, par conséquent bien différent de tous ceux que l'on voit dans les autres collections, comme on peut facilement s'en convaincre par Tin- spection de la figure que nous en publions, et qui a été faite d'après nature.(1)
(1) M. Temmirck recut cet oiseau dans une caisse qui renfermoit vingt autres individus de la méme espece; mais celui-ci étoit le seul qui se trouvàt dans un état parfait, les os de la téte, des cuisses et des ailes lui ayant été conservés, et la peau bourrée et recousue; preuve évidente qu'il avoit été préparé par quelqu'un de très au fait des dépouillements. Cette caisse contenoit en outre plusieurs oiseaux de paradis, de Tespece du calibé, et autres; ainsi que quelques perruches lor-papouæ, espece que Seba a décrite pour un oiseau de paradis. J'ai trouvé encore, et avec la plus vive satisfaction, dans le même envoi plusieurs individus femelles, notamment celle de l'oiseau de paradis émeraude, dont on voit la figure dans le no 2 de mes planches, et que nous allons décrire.
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