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meure vrai que l’ensemble des principes fonda- mentaux que je viens d'établir, et chacun d’eux en particulier, forment bien le caractère essen- tiel du système de culture alterne, pris dans toute sa pureté. L’étendue des jachères et des prairies permanentes, autant que la position de ces dernières n’en exclut pas la charrue, di- minue progressivement et avec rapidité par- tout où ce système de culture est adopté, jus- qu'à ce que les unes et les autres disparaissent complétement.
Dans l’assolement triennal, les deux tiers des terres arables sont invariablement consacrés à la culture des céréales; dans les assolemens al- ternes, il n’y en a en général que la moitié; mais, dans ce dernier système, les prés per- manens n’étant plus nécessaires, l'étendue des terres soumises à la charrue est plus considé- rable, ce qui rétablit à-peu-pres l'équilibre: en sorte qu'on pourrait croire, au premier COup- d'œil, qu’on récolte autant de graims par une méthode que par l’autre, et que toutes deux fournissent une égale quantité de nourriture pour l’homme. Cependant la différence est im- mense: l’abondance de nourriture destinée au bétail que produit la culture alterne, permet de consacrer aux terres infiniment plus d’en-


