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ET D'HISTOIRE NATURELLE. 7
viennent effleurir ou cristalliser à sa. surface; mais plusieurs cir- constances que nous avons observées me paroïissent prouver que le carbonate de soude doit son origine à une décomposition du sel marin.
Dans la partie du lac n°. 5, que j'ai ditne contenir que du sel marin, se tronve une île circulaire de cinq à six mètres de diamètre, qui est recouverte de natron: le cinquième échan- tillon du tableau y a été pris. Après avoir enlevé lincrustation de natron, le terrein humide ne se trouve contenir que du mu- riate de soude: le carbonate de soude, qui se trouve là environ- né d’eau qui n’a que du sel marin, et sur un terrein imprégné de sel marin, doit nécessairement sa naissance à ce sel.
De même dans plusieurs parties qui sont couvertes de sel marin, on rencontre des petites places qui n’ont pas quelquefois plus d’un décimètre carré, sur lesquelles on trouve du natron formé au milieu du sel marin.
Le terrein qui est recouvert par les couches ou incrustations de natron, ne contient pas lui-même une quantité sensible de soude; mais on le trouve toujours imprégné de sel marin.
Il paroît donc incontestable que le sel marin produit par sa décomposition le carbonate de soude qui se trouve dans le natron aux endroits où il n’est pas déposé par l’évaporation de l’eau.
Voyons quelles sont les circonstances qui déterminent sa dé- composition.
Si le terrein est trop argileux, on ne trouve pas du natron à sa surface, mais du sel marin; ou du moins ilne contient que très-peu‘de carbonate de soude. S'il est trop siliceux, on n’y trouve aucun sel: l’eau de pluie en a sans doute entraîné tout ce quiétoit salin.
Le terrein dans lequel s’opère la décomposition du sel marin contient toujours une proportion considérable de carbonate de chaux, et toujours nous l’avons trouvé très-humide. 11 paroît donc certain que c’est le carbonate de chaux qui opère la décom- position du muriate de soude, avec lequel il se trouve en contact au moyen de l'humidité et de la chaleur: il se trouve aussi dans tout le terrein, soit calcaire, soit argileux, soit sablonneux, une petite quantité d’oxide de fer, mais qui probablement n'influe point sur la formation du carbonate de soude.
Comme le muriate de chaux, qui résulte de la décomposition du muriate de soude, est très-déliquescent, il doit se perdre pro- fondément dans l’intérieur du terrein, jusqu’à ce qu’il rencontre des causes de décomposition.


