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Description des nouveaux instrumens d'agriculture les plus utiles / par A. Thaer . Trad. de l'allemand par C. J. A. Mathieu de Dombasle
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12 PREFACE DE LAUTEUR.

machines et du travail en tout genre, se sont aussi étendus à Pagriculture. On a inventé parmi eux un nombre infini d'instru- mens agricoles, et on en fait connattre tous les ans une foule de nouveaux. Les grands bénéfices que quelques personnes ont retirés de ces inventions, ont produit en quelque sorte une trop grande concurrence, et les derniers instrumens qui paraissent sont rare- ment les meilleurs. On sait les proner avec un charlatanisme raffiné, et on mendie des témoignages en leur faveur, à-peu-près comme le font nos vendeurs d'opiat; souvent, après avoir regu beaucoup d'éloges pendant une année, ils tombent dans l'oubli. C'est ordi- nairement aux tontes de Moburn et de Holckham, que les inven- teurs produisent ces nouveaux instrumens; comme ces réunions se composent des plus habiles agriculteurs, et des hommes les plus éclairés du royaume, on y est devenu beaucoup plus sévère sur les épreuves auxquelles on soumet ces instrumens, et sur les prix qu'on leur accorde, même lorsqu'un homme d'un rang élevé ou jouissant d'une grande influence, se présente comme auteur ou comme protecteur d'une invention. A la dernière tonte de Mo- burn, le lord Somerville, lui-même, n'a pu obtenir un prix pour sa charrue double, refus que le due de Bedford sut colorer avec beaucoup d'art et de finesse. Il s'en faut donc beaucoup que tout ce qui nous vient de nouveau d'Angleterre, mérite des Gloges. Une patente obtenue ne prouve rien non plus, car on y est main- tenant si prodigue de patentes, que tout homme qui veut payer les droits du fisc, et qui présente le témoignage de deux inconnus. en obtient une.

La grande variété d'instrumens d'agriculture inventés par les Anglais, prouve certainement leur goũt et leur génie en ce genre; cependant on ne doit pas regarder cela comme général dans ce royaume: dans plusieurs contrées, les fermiers vivent dans la mème apathie et la même insouciance que la plupart de nos paysans allemands. II leur cofterait trop de soin et de dépenses pour se