iij le talent de le bien diriger, l'auteur semble avoir pris pour précepte ces mémorables adages de notre bon et modeste philosophe BERNARD DE PAIISsY, Pratique vaut mieuæ gue Théorie, Pratique apprendra toujours à Théorie; et dans cette préface que nous avons plusieurs fois relue, et chaque fois avec un nouvel intérêét, Thaër a rassemblé une foule de vérités et de leçons, parmi lesquelles nous avons extrait celles qui suivent:
« Le perfectionnement des instrumens agricoles est d'une haute impor- tance pour l'avancement de l'agriculture et pour l'augmentation de la pro- duction générale.
» On croit communément qu'il n'est question que d'appliquer de grandes forces au travail, et personne ne s'occupe de diminuer ces forces par de nouvelles machines.
» La charrue ordinaire, la herse et le chariot, quoique d'ancienne inven- tion, sont d'ingénieuses machines qui nous épargnent d'immenses efforts et une grande dépense de travail, en les comparant à la bêéche, au rateau et au traineau, mais qui n'en sont pas moins encore susceptibles de perfec- tionnement.
» Il s'en faut beaucoup que tout ce qui nous vient de nouveau d'An- gleterre, soit véritablement nouveau ou mérite des éloges.
» Une patente, un brevet d'invention obtenus ne prouvent rien; car on en est si prodigue, que quiconque en veut payer les droits en obtient.
»„ L'introduction de nouveaux instrumens aratoires ne peut étre ni générale, ni prompte, ni facile, et l'on ne peut, ni ne doit la provoquer avec un zeéle trop àpre.
» Rien ne semble plus simple que J'araire, la charrue de Small, et cependant on a long-temps douté en Angleterre qu'un autre que Snall lui-mème pút la construire avec exactitude.
» Dans toutes les charrues sans roue, les plus petites erreurs dans les proportions ont un bien plus facheux effet que dans la charrue à avant train.
„ Beaucoup d'ouvrages sur les instrumens aratoires ne sont, à bien dire, que de beaux livres d'images, qui contribuent plus à empécher l'adoption des instrumens perfectionnés, qu'à l'encourager.»
Tels sont, messieurs, quelques-uns des préceptes d'après lesquels M. Thaer a fait sa description des instrumens aratoires, qu'il n'a toutefois entreprise qu'après avoir essayé ceux qu'il a décrits: Aussi ne parlet⸗ il
nous le répétons, que de ceux dont!'utilité lui est bien connle, et dont il a étudié la pralique, en les employant lui-méme. Il est vrai que nous avons trouvé dans le Traité de Borgnis, dans le Systone d'agriculture d' Holkam,


