1] adopter les principes sans cependant en indiquer la source; il est difficile de concevoir comment personne ne l'a encore traduite, sur-tout quand on voit que c'est le meilleur manuel pratique qu'on puisse avoir, et qu'on y trouve les indications les plus précises sur l'usage de chacun des ins- trumens, et des descriptions tellement détaillées de toutes leurs parties, qu'on ne peut en les suivant éprouver aucune difficulté dans leur cons- truction.
Ilne faut pas croire, Messieurs, ne nous abusons pas à cet égard; il ne
faut pas croire que cette description soit un traité complet de la cons-
truction de tous les instrumens aratoires connus ou usités, que Thaér a voulu faire. Non, Messieurs, toujours sage, toujours réservé, toujours sévère, profond et judicieux économe de temps, de leçons et de principes, Tauteur, ainsi qu'il le dit dans sa préface, n'a décrit que les instrumens dont Putilité lui était bien connue, ou qu'il a eu occasion d'étudier par la pratique en les employant lui-méme. II n'a donc décrit que les instru- mens de son pays et de son institution agricole de Mogelin, ceux qui lui servent journellement, et ceux enfin qu'il a perfectionnés ou améliorés; mais ses descriptions sont faites avec tant de soins, ses instructions sont si claires et si détaillées, enfin ses principes sont si parfaits, si bien dé- montrés et si bien exprimés, que c'est, Messieurs, et vous partagerez, nous n'en doutons pas, notre avis, que c'est réellement le meilleur manuel qui ait encore paru sur la construction des instrumens aratoires, et qu'il a une grande supériorité sur la plupart de nos ouvrages de théorie, dont les descriptions, quoique d'ailleurs bonnes et bien faites, ne présentent pas toujours assez de détails pour diriger homme qui veut construire lui- méme ou faire construire. Ce n'est pas qu'il n'ait paru depuis quelque temps de grands ouvrages, ouù les instrumens d'agriculture ne soient bien figurés et souvent même parfaitement détaillés; mais parmi ces ouvrages admirables de dessin et de gravure, plusieurs manquent de descriptions ou d'explications suffisantes pour T'agriculteur qui cherche moins de riches et somptueuses collections d'estampes, qu'un bon manuel uniquement et modestement borné aux instrumens d'une utilité réelle comme celui que Mathueu de Dombasle, par son légante et savante traduction, vient de mettre à la portée de nos cultivateurs français, auxquels on ne saurait trop le recommander.
Cet ouvrage est précédé d'une préface du plus grand intérêèt, sagement dictée, pleine de faits et dans laquelle il y a beaucoup à étudier. Convaincu de cette vérité que ce n'est pas le génie qui nous manque, mais l'art, mais


