C9) dessous de leur valeur réelle. Le prix modique de quelques laines fines d'Allemagne, et sur- tout de celles d'Eiderstedt, dont l'importation est facile, a pareillement nui à la multiplica- tion des Mérrnos.
L'éducation des bétes à laine fine, a été presqu'exclusivement entreprise par les pro- priétaires aisés. Les paysans en Suède, qui n'ont ordinairement qu'un trés-petit nombre de bêtes à laine, et qui sont dans l'usage de fabriquer eux-mêmes les étoffes servant à leurs vétemens, ont été forcés de conserver leurs anciennes races, qui seules pouvoient produire la laine longue et grossière, dont ils ne sau- roient se passer.
Il est d’ailleurs arrivé en Suède ce que nous voyons parmi nous. Quelques personnes pen- sent encore aujourd'hui, malgré les faits multi- pliés qui attestent le contraire, que la race des Mérinos n’est pas d'une nature à prospérer dans le pays, et qu’elle n'offre pas des produits assez avantageux. D'autres, au contraire, s'imagi- nant que les moutons de cette race peuvent être abandonnés à eux-mêmes, et qu'ils n’exi- gent aucun soin, les soumettent au résime qu'on a coutume de faire suivre à ceux du pays;
_c'est-à-dire qu'ils les enferment dans des éta-
bles infectes, humides, mal-propres, et dont l'air est vicié par l'effet d’une trop grande cha-


