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en épis, je vis qu'environ soixante tuyaux
des plus vigoureux absorbaient toute la sève, et que le reste languissait et s'étiolait. J'écar- tai et je coudai ces tiges orgueilleuses; je leur ôtai quelques-unes de leurs feuilles, et par ce procédé, je vis les tuyaux inférieurs reprendre un peu de force; mais j'avais un peu trop tardé à faire ce dernier travail. A la récolte, ma touffe de froment avait cent quarante-trois épis, dont moitié environ avait sept à huit pouces de hauteur, sans y com- prendre la partie barbue.
» Penlevai ce pied de froment, sans rom- pre les racines, que je lavai bien à la rivière pour en détacher la terre; je mis la base de la touffe à la presse, pour l'applatir et la disposer à entrer dans un beau cadre que je lui destinais.
» Un pareil succès et P'envie de faire mieux, m'engagea à répéter cette expérience 'année suivante, sur les deux espèces de froment que l'on cultive dans ce pays-ci, le froment barbu et le non barbu. Je semai quatre grains de chaque espèce; mais au milieu d'un travail qui m'avait coùté beau- coup de soin et qui me promettait les plus heureux résultats, je fus retenu à la cam- pagne près d'un malade. Mon devoir dut
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