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104. EE UPHORSIMOCÉES.
., Euphorbiæ, Juss.
»| Les euphorbiacées ne sont presque connues que par leurs effets délétères sur l’économie animale. Toutes ces plantes renferment un suc propre laiteux, ordinairement trèes-abondant, âcre, caustique, lorsqu'on l’emploie à l'extérieur, et qui agit comme violent purgatif ou comme émétique lorsqu'on l’emploie à l'intérieur; ce suc paraît être de nature gommo-résineuse, et ses propriétés âcres et purga- tives résident surtout dans la partie résineuse; celle-ci paraît être sou- vent incomplètement oxigénée, et alors elle se rapproche des huiles essentielles par sa volatilité et quelquefois par son arome. C’est ainsi qu'on peut concevoir comment, dans une famille entièrement vé- néneuse, se trouvent plusieurs plantes, telles que les croton aroma- cum L., C. balsamiferum L., et C. niveum, dont le suc est aro- matique, et employé comme vulnéraire à l’extérieur; ces exemples tendent à expliquer comment l'écorce de cascarille qui, comme on sait, est amère, aromatique, stomachique et fébrifuge, peut ap- partenir à cette famille, comme on le pense en général sans en avoir de preuves directes; le bois d’agolloche et d’aloës est encore regardé par plusieurs naturalistes comme provenant de certaines espèces d'euphorbiacées; la volatilité du principe âcre et caustique des euphorbiacées se fait connaître d’une maniere bien cruelle dans VAippomane biglandulosa, dont Pombre et l'attouchement seul est vénéneux; dans l'ezphorbia tirucalli et lexcæcaria, dont les émanations attaquent les yeux; dans la racine du /atropha manihot, qui est fortement vénéneuse tant qu'elle n’est pas soumise à Paction du feu, et qui débarrassée de son principe âcre et résineux, lasse une fécule mucilagineuse connue sous les noms de#amioc et de cassave; le suc des euphorbes est tellement caustique qu'il suffit de| se frotter la peau avec celui de l’Apporane, de l’euphorbia cana-


