8 NOTICE
Aux sommes données par les douanes, il faut ajouter la différence entre le prix réel et celui dé- claré, les frais de transport, de commission, les pertes, l'intérêt des fonds avancés, et surtout Ja valeur des marchandises introduites par fraude, malgré l’extrème vigilance et sévérité des douanes.
Nous portons en conséquence au double, ou à 67 millions, la valeur réelle des moutons, du lainage, des fils et tissus de laine, importés régulièrement en France; et au triple, ou à 100 millions, en y com- prenant les schals, tapis, draps, poils de chèvre, flanelle et autres tissus étrangers dont l'introduction est défendue et qui se vendent cependant publique- ment dans toutes les grandes villes du royaume.
Pour s'affranchir de cette contribution presque égale à la moitié de l'impôt foncier, il suffirait d’aug- menter le nombre des moutons de 5,000,000, en choisissant les races les plus convenables aux besoins de nos fabriques.
La France alors n'aurait encore que 40,000,000 de moutons, comme l'Angleterre, ou les deux cin- quièmes seulement du nombre des troupeaux de ce pays, relativement à l'étendue, qui est pour les deux royaumes dans le rapport de deux à cinq.
S'affranchir de l'importation des produits et mar- chandises que pourraient fournir notre sol et nos fa- briques, ne serait qu’un premier et faible succès: il est temps que la France se rappelle son ancienne prospérité, qu’elle reprenne par l'étendue de son commerce avec les puissances du globe, le premier rang que de longues guerres lui avaient fait perdre. l'out semble lui en faire une loi, lui en indiquer les
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