Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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déja abandouné dans son coeur la cause de Glocester et embrassé celle de la reine; encore savons- nous qu'il s'etait hautement déclaré contre cette intention de Glocester. Ce n'est qu'après Parrivée d Edouard que Glocester lai conseille de prendre sa demeure à la Tour, mesure qui, à mon avis, sera toujours énigmatique et presque inexplicable dans l'histoire des deux princes. A ce sujet, Glocester s'en rapporte à un vieil usage*) selon lequel les rois, avant leur sacre, doivent passer quelques jours à la Tour; mais je ne puis m'empécher, moi, de conjecturer que ce prétendu devoir a été purement controuvé par Delavigne. II est vrai: les historiens disent que les nouveaux rois doivent passer à la Tour la nuit qui précède leur couronnement, et qu' ils se rendent de la, en pro- cession, à Westminster, quoique nous ne puissions nommer aucun roi qui ait effectivement couché la Tour. Mais supposé que les historiens parlent vrai: ce qui nous étonne sans doute, c'est que Glocester leur assigne cette demeure pour quelques jours, mais non pas, qu'il engage le jeune roi a mettre le pied daus la Tour. Néanmoins, c'est justement la Tour qui cause, dans Shakspeare, ²) la surprise d'Edouard, de mêéme que celle de Richard dans Delavigne; mais ce ne sont point ces quel- ques jours qui frappent d'étonnement l'un et l'autre prince. Et si en effet cette mesure a pu exciter quelque surprise, pourquoi Edonard s'en täit-il? De plus: cette mesure ne devait-elle pas inspirer aux partisans de la reine les plus grands soupcons contre les intentions de Glocester? Continuons de comparer les faits suivants dans l'un et dans l'autre poète. Hastings avee le cardinal Bourchier se rend à l'abbaye ³) pour persuader à la reine de livrer son ſils; mais ils re- viennent déja quelques minutes après, de sorte que nous sommes en droit d'en conclure qu'il n'a pas fallu un grand art pour déecider la reine. Ce retour qui nous parait trop prompt, trop peu préparé et qui ne coute pas assez d'efforts, nous a tonjours déplu dans Shakspeare. Il en fant dire autant de la reine laquelle dans la tragédie Shakspearienne reparait sur la scène an commencement du quatrième acte, sans que nous apprenions rien sur le motif qui l'a fait sortir de sa retraite, si ce n'est que Glocester dit que lui et Buckingham veulent prier Elisabeth d'aceueillir son fils Edouard à la Tour. N'aurait-il pas valu micux que Shakspeare nous eüt représenté dans une schne les efforts quil en a couté à la reine de livrer son fils? C'est ce que Delavigne ne pouvait pas, par- ccqqu'il S'est astreint, du moins pour la durée de chaque acte, a l'unité de lien. On nous objeetera pent-ètre que Shakspeare n'a pas besoin d'une telle scène, parceque la manière dont Richard tombe entre les mains de son oncle et dont il périt à la Tour, est plutôt pour lui un incident; mais Dela- vigne qui devait attacher à ce point une plus grande importance, en a proſile le mienx, non seu- lement à'égard de Glocester, mais il pouvait encore y joindre la belle scène de la réunion des

deux princes.

1) Acte I, vers 161. 2) Acte III, Scene 1. 3) Richancl III, Acte III, Scèene 1.,