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Pendant tout le mois de janvier, je suivis très assidüment les leçons de M. SCHWEITZER; ces conférences sont surtout profitables, si l'on se prépare bien et travaille chez soi. L'institut de M. SCHWEITZER me semble étre excellent. Chaque professeur, prenant quelque intérét à cette institution, aura le devoir d'aider le directeur dans son œuvre; car je ne connais pas d'école à Paris qui soit aussi indispensable pour le professeur allemand y faisant ses études que l'INSTITUT FRANCAIS POUR ETRANGERS de M. SCHWEITZER.
Pendant les trois mois de mon séjour à Paris, j'ai suivi régulièrement les cours de phonétique de 1ECOLE DES HAUTES ETUDES DE LA SORBONNE, faits par M. CAMERLYNCK, suppléant de M. PAUL PASSV. En outre, j'assistais à ceux de M. MEILLET du Collège de France, traitant des tendances de la phonétique descriptive. De plus, je me suis intéressé aux exercices de M. l'abbé ROUSSELOT.
A maintes reprises, les séances juridiques m'ont retenu au Palais de Justice.
Pai entendu de bons prédicateurs; et jamais par exemple, je n'ai manqué les sermons de l'Oratoire.
Les représentations des théatres m'ont pris beaucoup de temps et ont bien grevé mon budget de voyage. On voit que nos drames allemands, eux aussi, figurent souvent dans leurs programmes. A l'Odéon par exemple, on a joué des semaines durant„Faust“ et„Vieil Heidelberg“ avec le plus grand succès. En les modifiant, on les avait rapproché du gout du public français. Les chefs-d'œuvre de nos grands compositeurs, comme par exemple ceux de WAGNER, se sont tout à fait acclimatés en France; on les aime beaucoup. La représentation de pièces telles que„l'Alsace“ ou„les Oberlé“ impressionne naturellement aussi désagréablement un Allemand que les con- férences d'un abbé WETTERLE Et en plus, elles ne sont pas propres à rapprocher les deux nations et faire oublier le passé. La critique française méme se rend bien compte du peu de valeur littéraire de ces productions, et en reconnait les exagérations.
Maintes fois aussi, j'ai visité les assemblées publiques où l'on traitait „de différentes questions. Pai méême pris part à la réunion annuelles des vétérans de 1870,71 du 18e arrondissement. On y fut très aimable et, je me suis bien amusé.
Jai suivi sur les journaux avec beaucoup d'intérêt les événements politiques de l'hiver passé. Quant à la guerre dans les Balkans, l'opinion publique en France était naturellement du còôté des alliés..
Les événements qui précédèrent l'élection du nouveau Président m'in- téressèrent beaucoup.
Nous avons déjà cité plus haut des exemples qui nous prouvent que le temps où le Français avait des idées bien indécises sur l'Allemagne est passé. On nous connatt très bien, et partout on apprend notre langue.


