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bons acteurs pour des prix très modérés. Souvent aussi des acteurs bien connus de Paris se font entendre.
Il était intéressant aussi pour moi de connaitre un café artistique, genre cher aux Bruxellois. Je profitai donc d'une occasion, qui se présentait, pour voir un établissement de ce genre„le Blockthéatre“. Ce théaâtre consiste en une salle moyenne et d'aspect vulgaire. Elle est remplie de messieurs et de dames de toutes les conditions. On peut prendre n'importe quelle con- sommation. Sur l'estrade les chanteurs ou les chanteuses débitent leurs chansons. Le sujet de ces chansons est le méême que partout ailleurs dans des établissements semblables. Ce jour-là, c'était la personne de l'escroc Nestor WILMART, ancien directeur de chemin de fer, qui venait de filer après avoir trompé nombre de personnes et surtout des banques en émettant des titres faux qui faisait tous les frais. A la fin, le propriétaire du café se présenta lui-même. II se faisait indiquer par ses clients des mots et en fabriquait un poème intitulé„Nestor en voyage“. Dans une autre chanson, qui portait le titre„La Lettre de Nicolas à Ferdinand“, il se moqua des grands roitelets des Balkans en train d'écraser la Turquie.
Il est hors de doute que rien ne peut éêtre plus profitable à un professeur allemand enseignant le français que d'entendre un professeur français en- seigner sa propre langue. Aussi profitai-je avec empressement de l'aimable permission que m'accorda M. LOHMEVYER d'assister aux leçons de quelques professeurs français de l'Ecole allemande.
La manière dont on enseigne le français dans cette école est tout à fait intéressante. La méthode directe y est appliquée dans toute son intégrité. Les enfants apprennent à lire en méème temps en allemand et en francçais, et, au bout de la première année scolaire, les progrès qu'ils ont faits dans les deux langues sont équivalents. Chaque professeur est strictement spécialiste. Le professeur d'allemand ne parle qu'allemand aux élèves, et le professeur français parle uniquement francais, même pendant les récréations. On ne traduit jamais oralement d'une langue dans l'autre, et, quant aux travaux écrits, les jeunes gens ne font que des compositions, jamais des traductions. Les élèves des classes supérieures ont des abonnements pour les matinées des théaâtres, qu'ils suivent régulièrement.
Grâce à l'amabilité du Consul d'Allemagne, M. le Conseiller de Légis- lation KEMPFF, j'eus aussi l'occasion de pouvoir visiter les écoles belges. M. le Consul me fit présenter à M. le Directeur Général de UInstruction publique M. KLOMPERT. M. KLOMPERT fut extrémement aimable et me donna des renseignements précieux sur l'instruction en Belgique. A la ſin de l'audience M. KLOMPERT me laissa choisir les écoles que je désirais voir et me donna l'autorisation de visiter'Athénée royal de Bruxelles et l'Ecole moyenne pour Garçons de Schaerbeek.


