Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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Peu à peu le jour commencait à paraitre, et nous nous-mimes de nouveau en route pour voir Bruxelles à son réveil.

Ce qui nous avait frappés tout d'abord à notre arrivée à Bruxelles, c'était la malpropreté de ses rues; maintenant nous fümes vivement im- pressionnés par ses édifices grandioses et imposants. La tour de l'Hôtel de Ville avait, dans l'aube naissante, l'air d'étre de marbre. Puis, ce fut le marché sur la Grand' place avec ses types flamands et wallons, qui ressemblent beaucoup aux paysans alsaciens. Nous étions étonnés surtout de l'abon- dance et de la variété des légumes. Plus nous avancions, plus nous remarquions avec étonnement la splendeur et les proportions gigantesques des monuments publics. Une des constructions les plus colossales de Bruxelles, c'est le Palais de Justice, mélange d'architecture assyrienne et égyptienne Ce qui nous étonna en outre, c'est qu'en comparaison du nombre de ses habitants Bruxelles est d'une étendue énorme. Jen eus l'explication plus tard. En Belgique comme en Angleterre, chaque famille habite en général une maison entière toute seule; dans ces conditions, il est naturel que la ville occupe un emplacement qui n'est pas en proportion avec le chiffre de sa population.

A sept heures, je pris congé de mon compagnon de voyage. Je me rendis à l'Ecole allemande pour y rencontrer mon collègue WAGNER. Grâce à lui, je me trouvais bientôt installé dans la pension DUCHATEAVU et tout à fait comme chez moi.

M. DUCHATEAU est Wallon, Madame est née à Vichy, Dép. Allier. Ils ont longtemps vécu à Paris. Tous les deux ont un bon accent. IIs sont très aimables, et je me suis très bien trouvéè chez cux.

Les premières journées de mon séjour à Bruxelles, je les consacrai essentiellement à l'étude de la ville et de ses monuments, en cherchant en méme temps à entendre autant de bon français que possible. Puis, je fis des exercices méthodiques de langue. Je rédigeais des compositions que je faisais corriger par M. DUCHATEAO, et je profitais de toute occasion, qui se présentait, pour causer avec des personnes instruites et bien élevées. Passistais aux conférences de l'UNIVERSITE NOUVELLE(Institut des hautes Etudes, 67 Rue de la Concorde), qui venait d'ouvrir ses portes; je fréquentais les théatres. II y en a de tous les genres à Bruxelles: Au THEATRE ROVAl. DU PARC(Rue de la Loi) on joue le drame; au THEATRE ROYAL DE LA MONNAlIE(Place de la Monnaie) on donne l'opéra, le THEATRE DES GALERIES(dans les Galeries St. Hubert) représente des opérettes et des vaudevilles; au THEATRE MOLIERE on voit, en hiver, des drames et, en été, des opérettes. En général, les programmes des théâtres n'offrent pas beaucoup de variété. La méme pièce se joue souvent des mois de suite. Les décors ne sont pas non plus de premier ordre, mais on peut voir de