Aufsatz 
L'Avare de Molière et l'Aululaire de Plaute / H. König
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ma maison, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que des gens assemblés! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur.! de quoi est-ce qu'on parle? de celui qui m'a dérobé? Quel bruit fait-on la-haut? est-ce mon voleur qui y est? De graàce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise. N'est-il point caché laà parmi vous? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu'ils ont part, sans doute, au vol que l'on m'a fait. Allons vite, des commis- saires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde, et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-mèéme aprés-

Entre ces deux monologues, il n'est guèrc douteux auquel on doit donner la préférence. L'un et l'autre avare s'y adressent au parterre, le poëte français d'une manière plus diserète que le poète latin. Le trait fin de celui-ci à la ſin du monologue: nunc alii laetificantur meo malo et damno: pati nequeo, Molière ne l'a pas considéré.

Les deux scénes(Aul. IV. 10 et Av. V. 3), Liconide et Valère viennent confesser leur faux pas, sont si concordantes, qu'on pourrait presque substituer l'une à l'autre, sans déranger le développement ni interrompre le progrès de l'action de l'une et de l'autre comédie. Je me bornerai ici à ne citer que quelques traits. Liconide, qui de son propre mouvement est venu trouver Euclion, dans l'intention d'arranger l'affaire, et de l'avertir que son oncle Mégadore a renoncé en sa faveur, et qui trouve le vieux en désespoir pour le trésor enlevé, croyant que c'est à cause de sa fille, lui dit de ne point se désespérer, quia istuc facinus quod tuom solicitat animum, id ego feci et fateor. Valère, que maitre Jaques vient d'aceu- ser du vol de la cassette, accablé de réproches par Harpagon, lui dit:Monsieur, puisqu'on vous a découvert tout, je ne veux point chercher de détours, et vous nier la chose. Euclion demandant à Liconide pourquoi il lui a fait cela, pourquoi il a voulu le rendre malheureux, lui et ces enfants, celui-ci répond: deus impulsor mihi fuit: is me ad illam inlexit. Valére répond à Harpagon qui lui demande qui l'a porté à cette action:Un dieu qui porte les excuses de tout ce qu'il fait, I'Amour. Acette occasion Liconide dit: fateor me peccauisse et me culpam conmeritum scio:

id adeo te oratum aduenio ut animo aequo ignoscas mihi.

Valère de même: II est vrai que j'ai commis une offense envers vous; mais, apres tout, ma faute est pardonnable. Comme les deux amants insistent à demander de leur accorder ce à quoi ils se sont acquis des droits si légitimes, les pères, qui sont encore dans l'erreur qu'il est question du trésor enlevé, finissent par les menacer de la justice, l'un, en disant:

ni refers quod subrupuiste meum jam quidem harcle te ad praetorem rapiam et tibi scribam dicam.

l'autre en disant:J'y donnerai bon ordre, et la justice, pendard effronté, va me faire raison de tout. Lorsque le malentendu s'est enfin éclairci, et qu'ils s'aperçoivent qu'il est question de leurs filles, ils s'écrient: Euclio: perii oppido. ita mihi ad malum malae res plurumae se adglutinant Harpagon: 0 Ciel! autre disgrace! Regrégement de mal! surcroit de désespoir!