Aufsatz 
Oedipe le Colonéen, tragédie en deux actes par Sophocle, traduite du grec en francais, précédée d'un discours sur la tragédie greque
Entstehung
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patrie et ne retourner jamais dans Argos¹), mais périr de la main de ton frère, qui t'a. chassé et t'immoles koi-même! Tels sont mes voeux. Je demande au sombre Tar- tare ²), d'ouvrir ses demeures; j'invoque Mars*) qui a jeté dans vos coeurs cette haine cruelle. Tu m'as entendu, pars et va raconter à tous les Thébains et à tes fidèles alliés les récompenses qu'Oedipe accorde à ses filles. Le Choeur. Polynice, je ne veux pas me réjouir avec toi de ton voyage; hate-toi de retourner

sur tes pas. Polgnice.

O0 voyage fatal! d déplorable refus! d malheureux alliés! Etait-ce pour cela que j'étais venu dans Argos, infortuné que je suis! Me voilà réduit à ne pouvoir raconter ma peine à aucun de mes compagnons, ni retourner non plus auprès d'eux. II faut que je me résigne en silence à mon sort. O vous, mes soeurs, vous avez entendu ces cruelles imprécations d'un père! Si elles doivent s'accomplir et que vous revoyiez votre patrie, au nom des Dieux, ne me rejetez pas avec mépris; accordez-moi un tombeau, rendez-moi des honneurs funèbres. Si vous recueillez aujourd'hui des éloges pour les maux que vous avez endurés à cause de votre père, vous n'en obtiendrez pas de moins grands pour le bienfait que j'aurai recu de vous.

Antigone. Polynice, laisse-toi toucher à ma prière. Polynice. Chère Antigone, que demandes-tu? Antigone. Ramene au plus tõt ton armée dans Argos, ne va pas perdre ta patrie et toi-même. . Polynice.

Mais je ne le puis. Comment réunirais-je une autre fois cette armée, si je mon-

trais aujourd'hui de la crainte?

1) Argos, ville de P'Achaie, célèbre par le culte de Junon, et par les héros dont elle fut la patrie. C'est du nom de cette ville que, non seulement les habitants, mais encore tous les Grecs en général, sont si souvent désignés dans Virgile et ailleurs pur les mots Argivi et Argolici.

2) Tartare, fils de PEther et de la Terre, et père des géants.

3) Mars, Dieu de la guerre, arbitre de tous les combats, fils de Jupiter et de Junon, selon Hésiode; de Junon, qui l'enfanta sans la participation d'un 6poux, suivant 4Apollodore. Le coq et le vautour étaient consacrés à Mars. Ses enfants sont Hermione, qu'il eut de Vénus; Romulus et Rémus, nés de Rhéa, et Evadné, qu'il eut de Thébé. Les Grecs appelaient le dieu de la guerre Apns. On le représente toujours armé de pied en cap, un bouclier à la main, et un coq auprès de lui. On hatit beaucoup de temples en son honneur.