Aufsatz 
Oedipe le Colonéen, tragédie en deux actes par Sophocle, traduite du grec en francais, précédée d'un discours sur la tragédie greque
Entstehung
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Le Choeur. 1

Il n'est point de punition imposée par les furies à quiconque rend à l'%offenseur les mauvais traitements qu'il en a reçus. Une tromperie repoussée par une autre tromperie, m'attire que de la peine et non de la faveur. Quittez donc ce siège, sortez de cette terre, de peur que vous n'attiriez sur notre faveur quelque nouveau malheur.

. Antigone.

Vertueux Etrangers, puisque vous ne pouvez supporter la présence de mon poère, de ce vieillard aveugle et malheureux dont vous connaissez les erreurs involontaires, ayez du moins pitié d'une fille infortunée; c'est pour lui, pour mon père seul que je vous implore. Oui, je vous invoque et je vous demande, comme votre propre flle, et en attachant sur vos yeux mes yeux ouverts à la lumière, d'accorder à cet infortuné quelque sentiment de commisération. Nous mettons notre sort entre vos mains, comme dans celles d'un Dieu. Daignez, daignez, d'un signe de tèête, nous accorder cette gràce espérée; je vous la demande, au nom de tout ce que vous avez de plus cher ici bas, au nom de votre enfant, de votre épouse, de votre fortune, au nom des Dieux. Ho! qui, lorsqu'un Dieu l'entraine, peut se dérober aux coups qu'il lui prépare.

Le Choeur.

Sachez-le, fille d'Oedipe, attendris par vos malheurs, nous vous plaignons l'un et ''autre; mais dans la crainte que nous avons des Dieux, nous ne pourrions rien changer à ce que nous avons prononcé contre vous.

Oedipe.

Quels secours, quel bien faut-il jamais attendre d'une réputation vaine et d'une gloire usurpée? La voilà donc cette Athènes qu'on disait si religieuse, la seule ville jalouse de sauver les étrangers malheureux, la seule capable de les sauver. Que sont devenues pour moi tant de vertus, lorque, m'arrachant du siège je m'étais reposé, vous me chassez de votre patrie, par la crainte seule que mon nom vous donne; car ce west point mon corps qui vous Pinspire, ce ne sont point mes actions, puisque de ces actions que vous m'attribuez, je suis bien moins Pauteur que la victime. Si, en effet, celles qui regardent mon père et ma mère, causent votre indignation contre moi, ainsi que j'ai trop lieu d'en juger. De quel crime mon coeur pourrait-il être coupable, moi, qui, à mon insu, mai fait que rendre ce que lon m'avait fait souffrir, et qui, si j'eusse même agi avec dessein, n'aurait pu encore passer pour coupable? C'est sans rien savoir que je suis arrivé au terme mon sort m'a conduit, mais ceux qui vou- laient ma perte, savaient bien ce qu'ils me faisaient souffrir. Ainsi donc, Etrangers, c'est au nom des Dieux que je vons implore, sauvez-moi comme vous me l'avez promis, et, en honorant les Dieux, ne les regardez pas comme un destin aveugle. Croyez plu-

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