Fédéric vient joindre ses prières à celle de Théodore et de Cassandre, mais sans plus de succès.
Alors vient Octave. Il annonce que le peuple demande à grands eris la grâce de La- dislas, et qu'il a renversé l'échafaud. Vaincu, Venceslas fait venir Ladislas qui se jette à ses pieds. Le roi lui apprend que, pour ne pas être obligé de le punir de mort, il va lui céder le troöne. Ladislas accepte non sans hésiter.
Devenu roi, il tient à s'acquitter envers Fédéric, qui, comme seule faveur, lui demande sa retraite. Mais Ladislas ne la lui accorde pas, disant que la patrie ne saurait se passer de ses services, et lui offre la main de Théo- dore, qui la lui donne volontiers.
Puis Ladislas s'adresse à Cassandre, et, ne voulant porter la couronne sans elle, la prie de la partager avec lui, en lui accordant sa main. Venceslas appuyant la demande de son fils, Cassandre ne défend pas à Ladislas d'es- pérer qu'un jour elle oubliera ce qui s'est passé.
Voilà la pièce de Rotrou, passons à celle de Roxas.
Dans les deux premières scônes, l'ao- tion en est, sauf quelques très petits dèé- tails, exactement la môme. A partir de la, Rotrou s'est détaché de son original. Celui- ci nous apprend par un dialogue entre les do- mestiques Cascarron et Clavela ce que Rotrou a ou le bon sens de nous cacher eneore, l'union secrète de Cassandre et d'Alexandre.
Puis vient une scène, entre les deux dpoux, scône, parait-il, très touchante, dans laquelle Cassandre demande à Alexandre les causes de son air soucieux. Celui-ci lui répond qu'il a rèvé que son frère l'avait blessé, et que c'est ce rève qui le préoccupe.
Fédéric, leur confident, vient les déranger, pour leur dire que Roger et ses amis ont mis l'épée à la main contre les partisans d'Alex- andre, qu'il y a grand nombre de morts, que le roi est en furenr contre Alexandre, et que celui-ci ferait bien de s'enfuir au plus vite. Adieux des époux.
Dans la deuxième journée, Roger dit à son confident Robert qu'il veut tuer Fédérie, dont il est jaloux. Robert veut le calmer mais en vain. Roger achète la complicité de Cascarron pour s'emparer de Cassandre. Dans la suite, Cassandre se plaint à Clavela des
poursuites dont elle est l'objet de la part de Roger, ainsi que, de l'absence d'Alexandre, et lui fait part que, se sentant en danger, elle a imploré la protection du roi. Clavela sort, et Roger entre, introduit par Cascarron. II fait nuit. Absorbée par ses tristes rèêveries, Cassandre n'entend pas Roger, qui s'appréète à réaliser sur elle ses criminelles intentions. Cependant, effrayée par un bruit, Cassandre quitte la chambre et, en même temps, Alex- andre, que l'on ne s'attendait pas à voir ici, entre de l'autre côté. Les deux frères se ren- contrent et se tiennent enlacés, sans se re- connaftre. Au bruit de leur lutte, Cassandre revient avec de la lumière; alors les frères se reconnaissent et tirent l'épée. On se demande des explications. Roger déclare qu'il est venu pour tuer Fédérie, qu'il croyait rencontrer chez Cassandre. Alexandre dit que, lui aussi, cherchait Fédéric, é6poux légitime de Cassandre. Entrent le roi et Fédéric; les frères dispa- raissent.
Venceslas demande Roger, mais Cassandre ne le dénonce pas, craignant qu'il ne dénonce Alexandre à son tour. Pour vérifier les faits, le roi veut entrer dans la chambre contiguòë; Alexandre en sort et tombe aux pieds du roi, qui lui ordonne de le suivre. Restée seule avec Roger, qui vient de rentrer, Cassandre désigne Fédério comme son époux. Roger déelare qu'il le tuera.—
Dans la troisième journée, les deux au- teurs se retrouvent.
Roger, ramassé dans la rue, raconte qu'il est entré dans la chambre de Cassandre et qu'il a tué son époux dans le lit nuptial. En fuyant, il a rencontré un spectre qui lui a fait tellement peur, qu'il en a perdu connaissance. Sauf ce petit changement, dont plus fard nous verrons la cause, les scènes quatrième et cin- quième sont, comme dit Person, traduites de l'espagnol.
Il en est de mèême de l'entretien de Ven- ceslas avec son fils prisonnier. Chez Roxas, il a lieu dans la prison, chez Rotrou, au pa- lais du roi; à cela près, toute la scène de Rotrou n'est qu'un abrégé de celle de Roxas. Le dénouement de la scène a, de même, dans son essence, passé intégralement dans la pièce française.
Examinons maintenant les changements


