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De L'inſluence opérée par Malherbe sur la poésie et Sur la langue francaise.
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L époque de la Renaissance, ce mouvement général qui, dans la première moitié du 16. siècle, vit se développer avec énergie toutes les forces morales et intellectuelles de'Europe, en faisant surgir partout des idées grandes et nouvelles, ne laisse pas de se manifester vive- ment dans l'esprit français. Mais le mouvement de cette période, émanant de la Réforme, et en vertu de sa tendance spécialement polémique, devait faire de la prose son instrument principal, afin d'atteindre son but moral et doctrinaire: savoir celui d'enseigner et d'éclairer les hommes, tandis que la poésie, tout en visant au méème but, my joue qu'un roôle secon- daire. Nous verrons les passions religieuses et politiques passer de la bouche des orateurs, des libelles des pamphlétaires aux écrits plus graves des mémoires et des traités. Pasquier et Bodin forment la langue française aux discussions politiques, Montaigne s'érige en critique et juge ingénieux de tous les partis et de tous les systèmes. La satire française elle-même renonce pour un moment à ce caractère inoffensif qu'elle avait encore conservé dans les oeuvres de Rabelais, pour défendre avec ardeur dans la Ménippée la cause de la littérature nationale contre l'influence étrangère.— Cependant on aurait tort de croire que durant cette époque la poésie ait été tout à fait négligée. Ce fut à la cour brillante du roi chevaleresque François premier que la poésie prit un nouvel essor et sut réunir spécialement dans les oeuvres de Marot, sous une forme plus pure, tous les charmes de la poésie populaire du quinzième sciècle.
Mais cette poésie d'élégies et d'épigrammes, malgré sa verve et sa délicatesse, quant au fond, n'occupait qu'un rang inférieur; ce n'était, pour ainsi dire qu'une poésie familière. Car, cultivée à la cour et dans la haute société, elle se contente de chanter les évènements de cette sphère, et s'éloignant de plus en plus de sa base nationale, elle devint peu-à-peu complètement étrangère à la pensée, aux travaux et à la vie intellectuelle de J'époque.
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