Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 1. Teil
Entstehung
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glèbe se réfugiaient chez les Germains aimant mieux sub specie captivitatis vivere liberi, quam sub specie libertatis esse captivi.¹) Ceux qui ne possédaient pas de richesses mobilières se mettaient sous la protection de personnes puissantes et finissaient par étre esclaves. Ainsi les classes aisées, cultivées étaient ou émigrées ou disparaissaient, appauvries, dans la masse. Une poignée d'hommes puissants placés par leur rang au-dessus des calamités auxquelles la province était en proie main- tenaient seuls la tradition littéraire en conservant le gout des études.

Pendant que d'un côté, la langue littéraire perdait chaque jour du terrain au bénéfice de la langue vulgaire, celle-ci, perdant peu à peu l'instinct de ses lois organiques, allait se détériorant. Il était naturel que la langue qui est l'image du milieu historique qui la produit et qu'elle sert, portät l'empreinte de cette époque d'abaissement moral et intellectuel. Le monde ancien marche vers sa mort, mais cette mort est la condition de la régénération de l'humanité. Cette mission régénératrice, les Barbares l'accomplirent.

Depuis que César, profitant le premier de l'humeur aventureuse de la jeunesse barbare, Peut enrôlée sous ses drapeaux, l'Empire ne cessa d'avoir des Germains à sa solde. Au 3° siècle les empereurs, pour assurer les frontières contre les incursions des Barbares cantonnaient sous le nom de Laeti des corps entiers de Germains sur le territoire romain, ils possédaient à titre de fiefs les terres qui leur avaient été concédées à la condition de servir dans les armées romaines. Ces colonies prirent un accroissement si considérable que dans la seule Gaule on comptait douze ampements de Germains.

En méème temps, la décadence de l'Empire augmentait, les populations s'éteignaient. Pour repeupler les provinces, menacées de ruine, les Romains transplantaient dans les terres abandonnées les captifs que leur fournissaient de rares victoires. La Gaule plus encore que les autres provinces vit ces colons germains distribués sur tout son territoire et il y eut dès lors une première invasion de mots germaniques dans la langue vulgaire; cette invasion sera bien autrement considérable quand l' Empire s'écroulera sous les coups des Barbares.

Le monde romain vécut encore quatre siècles de la vie que le génie de César lui avait communiquée. Cependant le cosmopolitisme, fruit de la conquéête et de la civilisation grecque était un sentiment aussi étranger à la tradition romaine qu' incompatible avec la vie de l'Etat. A partir de son introduction à Rome, la vieille cité se meurt pour faire place à l'Empire, c'est-à-dire à la dissolution universelle de l'antiquité.

Malheureusement pour Rome le mal qui le minait sourdement, était en même temps linstitution sur laquelle reposait son organisme. L'esclavage, légitimé²) par les disciples du Christ, dont le règne n'est pas de ce monde, continuait d'éêtre le vice constitutif du monde ancien. Le christianisme s'infecta au contact de la corruption universelle. Pour que les idées toutes chrétiennes d'égalité, de fraternité, de charité qui blessaient les préjugés antiques, qui froissaient les intéréts personnels pussent accomplir leur mission divine, pour que l'Evangile qui venait répandre dans les coeurs une rosée rafraichissante au milieu du chaos des passions déchainées, pͤt devenir ce que Dieu voulait qu'il fůͤt, le Logos paedagogos de l'humanité, il fallait des races nouvelles, il fallait les Barbares.

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¹) Salvian de gubernat. Dei. V, 108. ²) I. Timoth. VI, 1, 2. Ephés. VI, 5, 8.

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