Aufsatz 
Jose-Maria de Hérédia
Entstehung
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l. Remarques sur sa vie et son oeuvre.

José-Maria de Hérédia naquit à Santiago de Cuba, le 22 novembre 1842. II descend d'une mère française dont la famille était originaire de Normandie, et d'un père espagnol qui avait parmi ses aleux un de ces premiers conquérants de l'Amérique qu'il chanta dans le beau sonnetLes Conquérants. Après avoir passé à Cuba une enfance rêveuse et sans entraves, il se rendit en France qui devint sa seconde patrie. II fit ses premières études à Senlis(dép. de l'Oise) dans un collège de préètres, puis il alla pour un an à l'université de la Havane, oùð il se consacra au droit et à la théologie. De retour en France, en 1859, il s'établit à Paris, il suivit les cours de l'Ecole des chartes!). Ronsard, Chaàteaubriand, Leconte de Lisle²) furent ses auteurs favoris. Depuis 1862 il fit paraitre dans plusieurs journaux des poëésies(pour la plupart des sonnets) qui attirèrent sur lui l'attention publique. Chaque nouveau sonnet publié ajouta à sa gloire; les lecteurs le copiaient et l'apprenaient par coeur. C'est ainsi qu'il fut déja célèbre avant que paruůt(1894) son premier et unique volume de poésies, intitulé: Les Trophées. L'Académie honora son talent en l'accueillant parmi ses membres, en 1895. Il mourut le 3 octobre 1905. Avec lui la France a perdu l'un de ses plus illustres poètes et peut-ètre le plus grand auteur de sonnets qu'elle ait jamais eu.

Ses origines, son éducation, ses dons naturels, tout a concouru à réaliser en lui ce bel équilibre de brillantes qualités qui fait le charme et la distinction de ses poésies. Personne mieux que M. J. Le- maitre n'a montré l'heureuse action de ces diverses influences sur son génie poétique:Il tient apparem-

¹) Fondée en 1821 pour Pétude des documents historiques.

²) Leconte de Lisle(1818 1894) est le chef incontesté de l'école des Parnassiens. On désigne sous ce nom un groupe de podètes qui publièrent leurs premiers vers dans une revue intitulée: Le Parnasse contemporain. Xavier Riccard et Catulle Mendès en furent avec Leconte de Lisle les principaux instigateurs. L'école parnassiene s'est constituée sous l'in- fluence de cet esprit réaliste qui vers le milieu du XIXe siècle avait commencé à pénétrer et à transformer tous les genres littéraires. Cette école est donc une réaction contre le romantisme, qui avait dominé la premidère partie de ce siècle. Par opposition à la poésie personnelle et subjective du romantisme, les Parnassiens visèrent à une poésie objective et impersonnelle. lls ne demandèrent pas, comme les romantiques, leur inspiration à l'imagination, à la sensibilité, aux émotions: ils voulurent etre, ce que leur maitre Théophile Gautier disait de lui-méême, des genspour qui le monde extérieur existe, et ils s'appli- duèrent à représenter ce monde extérieur en lui-méème, sans se soucier des émotions qu'il évoquait en eux. Ce fut du moins le principe de Leconte de Lisle et de son disciple le plus illustre José-Maria de Hérédia. Mais pour pouvoir représenter cemonde extérieur, les Parnassiens pensaient qu'il fallait d'abord le connaitre et pour cela l'étudier. C'est pourquoi ils s'adonnèrent à une étude scrupuleuse de tous les sujets qu'ils voulaient traiter dans leurs poésies. Par cette union de la science et de la poésie ils parvinrent à réaliser cette couleur locale dont les romantiques avaient fait un dogme sans pouvoir cependant s'y conformer. Le trait le plus caractéristique des Parnassiens c'est le souci méticuleux de la perfection rythmique et plastique. A l'encontre du romantisme, qui avait érigé en principe la liberté de la forme, les Parnassiens se soumirent étroitement aux règles les plus tyranniques et inventèrent la rime richequi pour certains d'entre eux(Ban- ville) devint le fondement, voire la source de toute poésie. Par ils se rattachent à Théophile Gautier qui, dans sa théorie de l'Art pour l'Art, avait poussé la religion de la forme jusqu' à l'idolätrie. Hérédia est le représentant le plus conséquent des principes des Parnassiens et en même temps celui qui a le plus complètement réussi à les mettre en pratique.