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Quant à la seconde forme du vers de douze, représentée dans les vers suivants, ou la césure est supprimée, il est permis de douter qu'elle trouve des partisaus: „O toi, qui m'aimas, reviens et dis-moi toujours, Ces chansons, ces lais, ces refrains joyeux d'amour.“
Les vers de onze syllabes, si majestueux dans le Tasse, rejetés ou négligés depuis long-temps, seraient réhahilités; l'auteur en offre les essais suivants: 3
„Chrétiens, écoutez l'histoire glorieuse, Tancrède, Aladin, le Christ et son berceau, Les barons d'Europe et leurs bandes pieuses, Et la sainte croix plantée au saint tombeau. Vainement contre euxv l'enfer tonne et s'oppose, Dieu par sa faveur fait triompher leur cause;
— Vainqueur du sultan, le sage Godefroi Aux murs de Sion, aimé de Dieu, fut roi.
4⁰. La césure, en géunéral, serait subordonnée aux accents ou eadences, et pourrait étre doublée dans le vers.
Résumons:
La langue française, dans sa conformation actuelle, a conservé un principe rhyth- mique: c'est le mème qu'ont suivi de prime abord toutes les langues romanes ou néo- latines. Tontefois la culture de ce principe a été entravée par les recherches mal dirigées, pédantesques et antinationales des législateurs du langage.
Le peuple francais, orateur par nature, ou rhétoricien par éducation, mais peu ardent pour toute espèce de réforme qui ma pas immédiatement trait aux relations de la vie, ne se reconnaissant pas dans le systèeme proclamé du haut du trône, dont il ne fat long-temps que le passif contemplateur, ne prit aucun gouùt au système quantitaire qui lui sembla appartenir à d'autres siècles, à d'autres climats; dès lors, mayant d'autre guide, on s'accoutuma à ne voir dans les vers qu'une suite numérique de syllabes saus aucun égard à leur valeur intrinsèque. De là vient qu'on préfere encore de nos jours les paraphrases en prose poétique aux traductions versiſiées; et, certes, ce n'est pas au systèeme, mais uniquement au goùt et au talent cultivé des meilleurs poètes de la nation, qu'on est redevable de l'harmonie des vers.
De nos jours, faire revenir la nation au systeme quantitaire, serait peine inutile: il est trop tard; pour celui de Paccent, il est encore trop töt; mais quand les gram- mairiens s'émanciperont, quand, au lieu de vouloir marcher sur les teaces d'Horace, ils saisiront le fil conducteur du génie national, le systeme tracé par M. Ackermann, peut-être modifié par ses successeurs, sera, de notre avis, le seul qu'on puisse espérer faire adopter par un peuple qui a la conscience de sa nationalité.
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