Aufsatz 
Andenken an den Höchstseligen Herrn Herrn Wilhelm, regierenden Herzog von Nassau : Gefeiert von dem Herzoglichen Landes-Gymnasium zu Weilburg, am 30. August 1839
Entstehung
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C

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L'airain religieux s'éveille avant l'aurore;

Les airs sont ébranlés sous le marteau sonore, Et le ciel offusqué invite au désespoir.

Le eitoyen, fidèle à son dernier devoir,

S'apprète cependant en un morne silence:

Humble, le front baissé, vers la porte on s'avance Au signal qu'ont donné les nocturnes gardiens: Telle une caravane aux déserts syriens.

Soudain de L'Orient la timide lumière

A doré les côteaux, et la troupe guerrière,

A l'ordre de ses chefs formant ses bataillons, Presse des assistans les nombreux tourbillons.

Au devant du DEFUNI gravement on chemine; Chacun cherche sa place en la proche colline, Et chacun, en partant de ces paisibles lieux,

Jette encor sur la ville un regard douloureux.

Une blanche vapeur, lentement exhalée,

Du fleuve sinueux dessinait la vallée;

Sa surface argentée présentait à nos yeux

Le dòme de NASSAU dorment les grands aleux. Hélas! ils ne sont plus ces beaux jours de Pivresse, Ou les fils de Wzrnound, témoins de Sa jeunesse, Partageaient en amis Ses jeux et Ses loisirs:

IIs sont passés: adieu, adieu, jours de plaisirs!

Enfin Pheure est venue: un poudreux cavalier A signalé le char au premier officier.

A ce fatal message unce triste pensée

Des auciens serviteurs soudain s'est emparée, Et Paspect imminent de ces restes mortels

Vint arracher des pleurs à leurs yeux paternels. J'ai vu ces fiers guerriers, accablés de tristesse, Déposer sur Sa cendre un tribut de tendresse; De simples villageois, venus des champs voisins, Consoler de leurs pleurs de pauvres orphelins; Un dignitaire àgé, d'une marche édifiante, Appuxait sur son fils sa téête vacillante,

Et sa voix douce et faible exhalait sa douleur En tendres souvenirs qui soulageaient son cœur.

Venez, peuples mutins, vils trameurs de complots; Accourez, écoutez ces déchirans sanglots: Apprenez à chérir la suprème puissance;

Fléaux des nations, démons de turbulence, Ennemis du pouvoir, suppots des rébellions:

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onvoi.

Les enfans de NASSAU vons offrent des leçons. Cependant le tambour au sombre roulement Annonce du convoi le pompeux mouvement:

D'un pas lent, sépulcral, denx sinistres fantèmes, Noirs hérauts de la mort, sous leurs fantasques heaumes, Précddent l'échanson, à T'eœil fixe et hagard,

Qui porte du trépas le funèbre étendard.

Apres lui six laquais, à la vue morne et have, Du noble maréchal devancent le pas grave;

Les ministres de Dieu, serviteurs de l'autel, Imitaient en marchant par leur tact solennel

De l'orchestre nombreux les doucees harmonies, Hymnes consolateurs des célestes génies.

Un palefroi superbe, autrefois si fougueux, Provoquait la douleur par son air langoureux,

Et semblait s'incliner sous la main familière

Des muets écuyers qui flattaient sa crinière:

Tel aux plaines de Troie le fier coursier d Hector De son maitre vaincu plaignait le triste sort.

Le char enſin descend, orné d'une couronne; Des braves citoyens P'élite l'environne,

Suivant d'un pas tardif le PRINCE inanimé. Sur leur paàle figure un sanglot étouffé

Semble inviter aux pleurs une innombrable foule, Qui, jalouse du rang, vers la ville s'écoule, Grossie par les milliers des hameaux d'alentour, Apportant à Son ombre un doux tribut d'amour. Deux nobles serviteurs, compagnons de Sa gloire, Portaient sur deux coussins d'une soyeuse moire Du pouvoir éclipsé les emblèmes nombreux,

De l'amitié des Rois signes respectuenx.

On arrive à la porte ouù jadis l'hyménée

Vit entrer triomphante une épouse adorée:

Au milieu des clameurs ce PRINCE idolatré Semblait alors un Dieu au temple révéré,

Et Sa tendre L0UISE en sa grace suprème Effacçait les appas d'un précieux diadème:

Le myrte alors ornait son vénérable front,

Et le erèpe aujourd'hui peint Ja désolation:

Tous deux n'entendent plus, an lever de l'aurore, Des cloches du palais le vibrement sonore,

Et le cor du gardien, le nocturne Angelas, Dans leur sommeil d'airain ne les troubleront plus.