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Comparaison dans les poèmes de Frédérik Mistral / par Dr. Hans Weiske, Oberlehrer an der städtischen Realschule
Entstehung
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Morte de soif et épuisée par la chaleur, la pauvre pèlerine erre le long du Vaccarès reculé, ce vaste lac qui n'a qu'un demi- mètre de profondeur et qui ressemble à un immense marais.

Oh, Vincent! Pourquoi ne secours-tu pas ton amie? Oh, gens de la Crau! Pourquoi ne venez-vous pas à son aide? Vite, vite! Regardez donc la fleur de votre pays qui tombe sur les dunes sablonneuses frappée d'un coup de soleil!

Les petits moustiques viennent et voltigent autour de la dormeuse, leurs piqůres la réveillent; elle se relève, se traine jusqu'à l'église.

A genoux, les larmes aux yeux, elle prie les Saintes de préter l'oreille à sa douleur.

Et les grandes Saintes, exaucant sa prière, descendent du royaume des cieux pour consoler la malheureuse.

»Pleins d'épines, disent-elles, est ce monde terrestre, et aux joies les plus grandes se méle la douleur. Mais, ceux qui soupirent ici-bas, riront-haut: car la mort, c'est la vie; voilà le grand secret.«

En témoignage, les Maries lui racontent leur propre vie: Livrées aux fureurs des vagues sur un navire sans voiles et sans rames, elles ont abordé, après un long pèlerinage, sur la côte de la belle Provence. Et, joyeuses de se voir en süreté, elles sont allées précher et la la parole de Dieu.

Marchant de ville en ville, de village en village, elles sont arrivées dans l'antique cité d'Arles le jour l'on célèbre la féte de la grande Vénus. C'est en l'honneur de cette déesse que tous les Arlésiens sont réunis dans les arènes; mais, sans se laisser intimider, saint Trophime, l'un des compagnons des trois Maries, renverse la statue de Vénus au nom du Dieu des chrétiens; et tous les spectateurs, après avoir écouté son sermon enthousiaste, se font baptiser.

Arles devenue chrétienne, les autres villes n'ont pas tardé à suivre. Les Saintes parlent à Mireille de Tarascon, de la Tarasque, monstre hideux dompté par sainte Marthe. Elles lui racontent comment le christianisme s'est répandu en Provence....

Mais l'heure passe; il faut qu'elles quittent Mireille avant que la vie tremblotante s'échappe de son corps. Les yeux étincelants, Mireille regarde les Maries qui s'éloignent.

C'est alors que ses parents, le visage en larmes, entrent dans l'église; ils apercoivent leur fille, qui tombe évanouie quand elle les voit.