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LIVRE I, CHAPITRE I.
ment: combattre contre nous-mêmes, deve- nir chaque jour plus forts contre nous, chaque jour faire quelques progrès dans le bien. Toute perfection, dans cette vie, est mêlée de quelque imperfection; et nous ne voyons rien qu'à tra- vers une certaine obscurité. L'humble connais- sance de vous-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science. Ce n’est pas qu'il faille blâmer la science, ni la simple connaissance d'aucune chose: car elle est bonne en soi et dans l’ordre de Dieu; seulement on doit préfèrer toujours une conscience pure et une vie sainte. Mais parce que plusieurs s'occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s’égarent sou-| vent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.
5. Oh! s'ils avaient autant d’ardeur pour extirper leurs vices et pour cultiver la vertu que pour remuer de vaines questions, on ne verrait pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relàächement dans les monastères. Certes, au jour du jugement, on ne nous demandera point ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu. Dites-moi où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus lorsqu'ils


