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Neuvaine
ce qu'enseigne le monde à ses partisans; mais l'esprit de Jésus- Christ conduisait le Saint. Plein de cet esprit qu'il puisait chaque jour dans de ferventes et continuelles méditations, il avait appris à rendre des bénédictions au lieu des malédictions, et à regarder comme des biens ce que le monde appelle des maux: les injures dont on l'accablait n'étaient pas capables d'altérer sa douceur. Les traitements les plus humiliants et les plus rudes étaient à ses yeux un précieux trésor; jaloux de le conserver, il eut bien soin de ne donner aucune connaissance de ce qu'il souffrait à un père dont la tendresse aurait bientôt mis fin à ses peines. Son frère ne lui témoignait que de la haine: il ne témoignait à son frère que de l'amour. Il allait au- devant de tout ce qu'il pouvait désirer, lorsque cela ne compromettait point ce qu'il devait à son Dieu; il lui rendait les offices les plus bas, et il les lui rendait avec joie.
Reflexion. Une pareille conduite n'est- elle pas la condamnation de la nôtre! Une simple parole nous blesse, un manque d'égards nous paraît presque une excuse légitime pour manquer aux devoirs les plus indispensables de la charité. Ne sommes- nous donc pas disciples du même maître? ou n'est- ce qu'aux Saints que le Seigneur a donné des leçons de douceur et de charité? N'est- ce pas à tous les hommes en général qu'il a proposé l'amour qu'il a pour nous, comme la règle et la mesure de la charité que nous devons avoir les uns pour les


