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1 (1845)
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la torture se disait abolie, on ne se genait pas sur le choix des moyens pour arracher des aveux. Les bruits les plus etranges et les plus horribles cireu- Jaient dans le publie sur les peines eruelles qu'on faisait subir aux detenus afın de leur faire dsclarer leurs complices. Les hommes du gouvernement se plaisaient a repandre la nouvelle que tout&tait de- couverl; quune sociele setait formee dans le but darmer les proletaires contre les propridtaires, dans le dessein de reformer les bases du systeme social, de detruire toule propriete etablie, de mas- sacrer enfin lous les proprietaires. Il pouvait yavoir quelque peu de ırai dedans, mais ces exageralions pueriles Elaient&couldes avec ineredulite,, et le pu- blie paraissait mieux instruit que le gouvernement sur le but de cette conspiralion, On savait gen£erale- ment que ce que les agents du pouvoir croyaient avoir decouvert netait quun mince filet du vaste reseau qui couvrait non senlement tout le pays, mais encore presque loufe lEurope, et que ce filet möme pouvait encore leur&chapper par la constance et la diseretion heroique des dötenus. Aussi chacun elait-il prepare A tout evönement, chacun prenait- il ses mesures en cas de detehtion, afin de ne com- promeltre personne, afin de ne se compromettre que le moins possible. Si le decouragement cause par la non-reussite&tait profond, une sourde agi- talion regnait pourtant dans toutes les ämes, une plainte amere&tait dans toutes les bouches, une secrele esperance se cachait dans tous les ceurs. C'est dans de pareilles circonstances quAndre arriva dans la capitale; il savait deja ou a peu pres les details des malheurs survenus ä la cause quwil

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