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1 (1845)
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sait les malheurs de lanarchie? Linteret politique dominant partout, les liens de convenance, damilie, de sang, dinteret prive meme, faisant place a la convietion politique ou en empruntant la couleur. Mais aussi quelle energie daction ne donne-t-elle pas, cette forte convietion! quel champ vastelanar- chie nouvre-t-elle pas a toutes les ambilions? Le futur ministre Charles N. parvint ä jouer un certain role A la i&te dun corps de troupes revolutionnaires. Son parli fut vaincu: combien de nobles tentatives ne r&ussissent pas! Ses troupes furent dispersces; lui, enleve et condamn& a la deportalion.

Dois-je vous raconter les tourments, les souf- frances qu'il endura? Sa sant& en fut ruinde. Un despote plus humain ou plus politique lui donna la libert& ainsi qua beaucoup dautres malheureux. Charles revint dans son pays; il le trouva bien change: sa longue caplivite lavait, lui aussi, bien change. Ses compatriotes setaient faconnes au Joug; lui il setait modere dans ses opinions poli- tiques, soil par ses souffrances, car le malheur abat les esprils faibles, comme il aigrit les caracteres fiers et independants; soit par la clömence inesperde quil avait eprouvee. Son education primitive, Yin- fluence de son nom et de sa famille lavait trop in- spire du desir banal de se distinguer, pour qu'il eüt le pouvoir et la volonte de rentrer tout-a-fait dans la vie privee. Gräce ä une seur mariee richement, ilse refit une fortune independante; gräce A ses nombreuses relations de famille, il fut le bienvenu dans une coterie aristocratiquement moderce, qui etait alors A lordre du jour. Gräce a la douceur inoffensive et ä linsinuante distinetion de ses ma-