308 DE LA NATURE. Cependant il ne règne que par droit de conquête; 1! jouit plutôt qu'il ne possède, il ne conserve que par des soins toujours renouvelés; s'ils cessent, tout languit, tout s’altère, tout change, tout rentre sous la main de la Nature: elle reprend ses droits, efface les ouvrages de l’homme, couvre de poussière et de mousse ses plus fastueux monumens, les détruit avec le tems, et ne lui laisse que le regret d’avoir perdu, par sa faute, ce que ses ancêtres avoient conquis par leurs travaux. Ces temis où l’homme
perd son domaine, ces siècles de barbarie
pendant lesquels tout périt, sont toujours préparés par la guerre, et arrivent avec la disette et la dépopulation. L’homme qui ne peut que par le nombre, qui n’est fort que par sa réunion; qui n’est heureux que par la paix, a la fureur de s’armer pour son malheur et de combattre pour sa ruine: excité par l’insatiable avidité, aveuglé par l'ambition encore plus insatiable, 1l renonce aux sentimens d'humanité, tourne toutes ses forces contre lui-même, cherche à s’entre- détruire, se détruit en eflet; et après ces jours de sang et de carnage, lors- que la fumée de la gloire-s’est dissipée, il voit d’un œil triste la terre dévastée, les
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