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4 HISTOIRE NATUREL L E

qui seule a deux pieds de longueur lorsqu'elle a acquis tout le dévelop- pement dont elle est susceptible. A la vérité, divers obstacles s'opposent d'ordinaire à ce développement. Dans l'état de nature, ces oiseaux, qui aiment à se percher sur les branches des arbres, endommagent par le frottement les belles plumes de leur queue, et les empéchent tout à la fois d'atteindre à leur longueur et de conserver leur lustre. Dans l'état de domesticité, les causes d'altération deviennent encore plus sensibles. On sait qu'un oiseau en captivité perd toujours quelque chose de son éclat, et que son plumage n'y acquiert jamais son entier développement voilà pourquoi il est si rare de voir dans nos collec- tions la queue de'Ara macao dans ses dimensions véritables. Non- seulement elle varie par la longueur, mais souvent elle varie aussi par la couleur. Il est des Aras macao dont la queue est entièrement bleue, d'autres qui Pont rouge et terminée de pleu; tellement qu'il est rare de trouver deux individus de cette espèce qui soient entièrement semblables. b b

Il faut convenir que la nature a prodigué aux grandes espèces d Aras tout ce qui peut frapper et éblouir les yeux. Ces oiseaux sont sans contredit de tous les Perroquets les plus magnifiquement parés. Les plus brillantes couleurs ornent leur plumage. On y admire tout à la fois le bleu d'azur le plus éclatant, le rouge du vermillon, le jaune d'r, et le plus beau vert. Peut-on savoir mauvais gré aux Aras d'ètre un peu fiers de ces avantages, et de marquer par un air un peu dédaigneux qu'ils sont ravis eux-méêmes de leur parure? A leur place bien des hommes auroient encore plus d'orgueil, et beaucoup de graves personnages ont montré qu'à cet égard ils n'étoient pas plus raisonnables que les Aras.

Tout le plumage de lAra macao est d'un rouge foncé, approchant du cramoisi, tant sur la tête, le cou et le dessous du corps, que sur les jambes et les petites couvertures supérieures et inférieures des ailes. Les moyennes sont en partie tachées de vert à leur pointe, et d'autres sont entièrement de cette couleur. Les plus grandes et les scapulaires, ainsi que les dernières pennes de p'aile, sont d'un bleu nuancé de vert, tandis que les grandes pennes sont d'un beau bleu d'azur, nuancé de violet.

Si des ailes les regards se portent sur la queue, qui est très-étagée, on voit que ses couvertures supérieures sont d'un bleu d'outre-mer, et les inférieures, d'un bleu moins vif, nuancé de rouge et d'un vert obscur. La queue est composée de douze pennes: les trois premières