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2 (1806)
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122
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HISTOIRE NATURELLE DES JACAMARS.

LE JACAMAR A LONGUE OQUEUE

(N 52.)

Tovs les naturalistes ayant désigné cette espece par la longueur de sa queue, nous avons adopté le nom qu'ils lui ont donné, et sous lequel elle est le plus généralement connue. Plus fort de taille que tous les autres jacamars d-Amérique que nous connoissions encore, celuiäci s'en distingue en outre par l'étagement et la longueur de sa queue, équivalente chez lui à la dimension totale du corps, même y compris le bec. Si des formes nous passons aux couleurs, il a aussi ces dernieres tellement différentes de celles des autres jacamars, qu'elles le font reconnoitre au premier coup- d'œil: le dessus de la téête de cet oiseau est d'un brun terreux relevé par quelques légeres teintes bleuâtres; le derriere de la tête, les joues, le man- teau, le croupion, le dessus des ailes et celui de la queue sont d'un verd sombre, à travers duquel se jouent de riches nuances de bleu tirant plus ou moins au noir ou au brun, et méême au verd luisant, suivant les inci- dences de la lumiere; cependant on voit quelques unes seulement des grandes couvertures des ailes briller d'un bel or rougeâtre; les plumes du dessous du bec sont d'un brun semblable à celui du dessus de la téête, et tout le reste du devant du cou est d'un beau blanc qui se répand jusque sur la poitrine; le dessous du corps, depuis ce blanc jusque aux couver- tures du dessous de la queue, est d'un verd sombre qui, dans l'ombre, paroit noir; les flancs sont égayés par un frangé blanc qu'on trouve en bordure au bout des pennes latérales de la queue; le bec, les ongles et les pieds sont noirs. La femelle est plus petite que le male, et a aussi la queue moins longue que lui; elle n'a pas non plus le blanc du devant du cou aussi étendu et aussi pur, et ses couleurs sont en général plus foibles. On re connoit au premier coup-d'œil les jeunes individus de l'espece à une forte teinte brune qui domine sur toutes les parties vertes, outre qu'ils ont en- core le bec plus court que les vieux. 1

Le jacamar à longue queue habite la Guyane, il doit même étre fort commun; car il l'est tellement dans nos collections qu'il se voit dans tous nos cabinets en Europe. Cet oiseau fréquente les forêts et vole mieux que les autres jacamars: il est donc naturellement moins tranquille et moins sédentaire qu'eux; il a un cri ou sifflement qu'il ne répete pas souvent, et qu'on n'entend que de près. Nous ne savons rien de plus sur ses mœurs et ses habitudes; ce que nous venons d'en dire méême nous l'avons puisé dans Buffon, ne connoissant pas nous-mémes rien de particulier à cet égard