DES TOUCANS. 1
La langue du tocan, qui imite aussi par sa structure la forme d'une plume étroite, est, ainsi que tout le dedans des mandibules, de couleur rougedâtre. Les yeux sont d'un brun rouge, et entourés d'une peau nue bleuàtre. Les tarses, les pieds et les ongles sont noirs; ils paroissent tels du moins dans tous les individus desséchés que j'ai vus.
Un caractere très marqué dans le plumage de cette espece, c'est que les couvertures supérieures de la queue sont d'un beau jaune qui a le luisant de la soie écrue; et, afin d'ètre exacts, nous dirons qu'elles sont à barbes décomposées, et qu'elles ne s'étendent pas à beaucoup près aussi avant sur la queue que celles du toco, qui les a d'une nature très différente, comme nous l'avons fait observen. Le sommet de la téte, le derriere du cou, le manteau, les ailes entieres, la queue, et généra- lement tout le dessous du corps, sont d'un noir pur, qui, sur les ailes et la queue seulement, est luisant, et prend un léger ton verdâtre par les reflets de la lumiere. Tout le devant du cou est d'un blanc légère- ment teint de jaune, qui se fonce toujours un peu plus à mesure qu'iil descend jusqu'à la poitrine, ceint par un collier rouge éclatant de sept à huit lignes de largeur. On voit, entre l'angle supérieur de l'œil et les narines, un petit triangle formé de plumes blanches. Les couvertures du dessous de la queue sont à barbes rares, désunies, et du méèême rouge que le collier. Les ailes ployées ne dépassent pas les couvertures du dessus de la queue.
La femelle est un peu plus petite que le male; elle lui ressemble d'ailleurs en tous points, si ce n'est qu'elle a entièrement le devant du cou d'un blanc pur sans mélange de jaune. Mais nous observerons que, dans nos cabinets, le jaune des màles s'efface très promptement, et que, comme il en est de mème du beau jaune des couvertures supérieures de la queue, et des vives couleurs du bec, les méthodistes ont fait plu- sieurs especes de ces variations accidentelles.
Buffon a confondu cette espece avec le toucan à gorge jaune, en la donnant pour la femelle de celui-ci: elle porte cependant dans ses planches enluminées le nom de toucan d gorge blanche, ou tocan de Cayenne, nom que nous lui conservons: voyez son n' 262 ouù cet oiseau est figuré d'une maniere reconnoissable, quoique les proportions du bec aient été très mal observées.
Gmelin, en décrivant la mème espece, d'abord sous le nom de ram- phastos piscivorus, lui donne une bande rouge sur le ventre, et un croupion blanc, ce qui n'est pas exact: cependant, dans sa Synonymie, il renvoie à la figure 262 de Buffon, dans laquelle la bande rouge est placée au bas du cou comme elle doit l'étre, et où le croupion ou les couvertures supérieures de la queue sont jaunes. Cet auteur n'est pas plus heureux en donnant les couleurs du bec, qu'il décrit ainsi:«Bec jaune avec une «tache d'un beau rouge à son sommet; mandibule inférieure bleuatre.»


