Teil eines Werkes 
2 (1806)
Entstehung
Seite
8
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8 HISTOIRE NATURELLF

toutes les pennes sont à-peu-près égales entre elles, si ce n'est que la derniere de chaque côté est un peu plus courte que les autres. Les pieds sont robustes; les tarses épais, et les ongles gros: le grand doigt de devant enfin est de la longueur du tarse.

Le bec offre dans sa base un contour plus grand que celui de la téête, ce qui donne à cet oiseau un air vraiment des plus singuliers lorsqu'on le considere en face. Buffon a très ingénieusement comparé la téête et le bec du toco à ces masques à long nez, dont on épouvante les enfants; et il n'est personne en effet qui, en voyant cet oiseau pour la premiere fois, ne croie sérieusement que son bec ne soit une enveloppe faite à plaisir, dont on auroit couvert sa face, d autant plus que ce bec, por- tant à sa base un bourrelet qui déborde toutes les parties de la téête ou il adhere, a effectivement moins l'air d'appartenir à l'oiseau que d'êétre un étui qui cache le vrai bec. 1

Du reste les couleurs les plus vives et les plus éclatantes regnent sur cette partie vraiment étonnante du toco. Une bande noire dessine le contour de la base de la mandibule supérieure, et s'élargit sur Tinfé- rieure, elle forme de chaque côté un triangle isocele qui Tembrasse en mentonniere: une autre bande, jaune et étroite, suit ce noir dans tous ces contours. Paréête supérieure du bec est d'un beau rouge ver- millon, qui, partant du front, vient se perdre dans une large tache noire qui termine le bas de la mandibule supérieure, et se dessine en oval du côté de la téête sur chacune de ses faces: de sorte qu'en fixant le bec par son aréête cette tache forme un cœur parfait dont la partie vuide du haut est rouge. La mandibule inférieure est tout entiere d'un rouge vif, mais qui vers la base s'éclaircit un peu en se mélant d'une teinte jaune: la supérieure est de la mèême couleur dans la moitié de sa largeur, et d'un jaune plein jusqu'au rouge de son arète. L'œil, gros, très saillant, et rougeaâtre, est entouré d'une paupiere bleue, et placé

dans un espace dépourvu de plumes, et dont la couleur est orangée.

Les narines se trouvent sur le front, enfoncées sous le bourrelet que forme le bec dans cette partie. Les pieds et les ongles sont absolument noirs.

Quant au plumage, il est noir sur la téte et le derriere du cou, sur les ailes, la queue, et généralement par-tout, à l'exception de la gorge et du devant du cou qui sont d'un beau blanc sur les parties hautes, et jaunàtres vers le bas, chaque plume est terminée par un petit liséré rouge. Un petit pinceau de plumes blanches se montre aussi entre l'angle des yeux et les narines. Les couvertures du dessous de la queue sont fines, soyeuses, et d'un rouge éclatant; celles du dessus de la queue, qui sont au contraire très larges, et qui s'étendent jusque vers le milieu de celle-ci, sont d'un beau blanc. Pour ne rien omettre, nous dirons enfin que les os et la peau de cet oiseau sont jaunatres.