DES GEAIS. 149
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LE CASSE-NOIX MALE. (X 55.)
Novs terminons Thistoire des oiseaux de la tribu des geais par l'espece du casse-noix, qui, participant d'eux et des pies par ses formes et par quelques-unes de ses habitudes, est très-propre à remplir P'intervalle qui se trouve entre ces deux grandes familles d'oiseaux de l'ordre des cori- nacés. Le casse-noix a aussi des rapports étonnants avec notre étourneau d'Europe; il en a si précisément les formes, et mèême le plumage tacheté de planc, qu'on est surpris que les méthodistes n'ayent pas fait de cet oiseau un grand étourneau. Il est bien vrai que sous le rapport des mœurs et des habitudes le casse-noix differe, à beaucoup d'égards, des étour- neaux; mais combien de fois n'est-il pas arrivé que cette derniere consi- dération m'est entrée pour rien dans les systémes des naturalistes à mé- thodes? L'espece du casse-noiæ a été ainsi nommée à cause de son goũt pour les noix, goũt si décidé et qu'on lui connoit si généralement, qu'il porte presque par-tout le même nom dans les différents pays d'Europe qu'il habite ou qu'il parcourt, je dis ou qu'il parcourt, parce qu'il voyage beaucoup, et qu'il paroit ne se fixer nulle part pour long-temps: il fait aussi ses courses à des époques irrégulieres; on ne le voit mèême que dans certaines saisons de l'année dans les pays qu'il visite, mais presque tou- jours dans celle où les fruits qu'il recherche sont múrs et abondants; connoissance qu'il ne tarde pas à acquérir: ainsi dans la Lorraine, l'Al- sace, et tout le pays Messin, ouù Pon trouve une grande quantité de noyers, les casse-noix ne manquent pas d'y passer tous les ans en septembre; mais l'on a très-bien remarqué qu'ils n'y sqjournent pas et qu'ils passent outre du moment qu'ils ont reconnu que l'année étoit mauvaise en noix; sans doute qu'ils ne s'arrêtent ensuite que dans les cantons oùð ces fruits abondent: cependant, à défaut de noix, qu'ils cassent ou plutòôt qu'ils fendent très-adroitement en introduisant dans les jointures leur bec long, effilé, et grossissant toujours davantage vers sa base; à défaut de noix, disons-nous, ces oiseaux se nourrissent de diverses autres sortes de fruits, tels qu'amandes, noisettes, pignons, glands, et méême d'insectes. On a observé aussi que dans P'état de domesticité le casse-noix avoit l'habitude de cacher les objets qu'il pouvoit dérober; ce qui vient nécessairement de celle qu'a cet oiseau, dans l'’état naturel, de faire des provisions pour la
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