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138 HISTOIRE NATURELLE
partie de la côte s'applatit en forme de palette ou d'une larme alongée; ces palettes, d'un rouge vif de vermillon, sont ordinairement au nombre de cinq sur chaque aile, quelquefois de moins, fort rarement de six dans les plus vieux individus; quelques naturalistes y en ont vu, disent-ils, jusqu'à sept: quant à moi, sur quarante individus sur lesquels j'ai comp- té ces palettes, je n'en ai trouvé que cinq qui en eussent six, et aucun qui en euùt sept; tous ceux sur lesquels je n'en ai compté que trois ou quatre portoient tous les caracteres doiseaux encore jeunes. Je remar- querai à T'égard de ces palettes attachées au bout des moyennes pennes alaires, que la premiere, à partir du côté des grandes pennes, est la plus petite, et que les autres sont successivement un peu plus grandes; de sorte que, lorsque l'oiseau les étale, elles forment autant de rayons di- vergents d'une portion de cercle; ce qui produit un effet des plus agréables, car d'un côté elles ressortent toutes sur le fond noir mat des ailes, et de Tautre elles aboutissent au blanc pur du bout des pennes dont elles font partie.(Voyez l'une de ces moyennes pennes garnie de sa palette, et que nous avons fait dessiner séparément au bas de la planche qui représente f'oiseau.) La queue du grand jaseur est composée de douze plumes d'égale longueur, et se trouve ainsi coupée carrément; les ailes ployées vont jus- qu'aux deux tiers de la longueur de la queue; les tarses sont courts, et les pieds conformés comme ceux des geais et des rolliers: Ies plumes douces, fines et soyeuses de cet oiseau ont encore le moélleux de celles de notre geai dEurope; son front est ceint d'un bandeau noir très étroit, qui d'un côté se porte sur les narines qu'il couvre entièrement, et de l'autre jus- qu'au chignon, en s'élargissant vers les yeux; la gorge est aussi couverte d'une plaque noire qui descend jusqu'au milieu du cou où elle se dessine circulairement; un trait blanc sépare le noir des yeux de celui de la gorge, et se prolonge ensuite en une bande rousse, qui longeant le noir de cette derniere partie qu'elle acheve d'encadrer sur les côtés, correspond à une tache rousse aussi qu'on voit au-dessous du noir du chignon, et à un large bandeau marron qui occupe le bas de la huppe; tout cela donne à ce bel oiseau une physionomie vraiment distinguée: la huppe, le derriere et les côtés du cou, le manteau, les couvertures des ailes, le bas du cou, et la poitrine sont d'un joli brun clair roussàtre glacé de gris, ou couleur noi- sette, qui sur le croupion, les couvertures du dessus de la queue, le haut de celle-ci, ainsi que sur le ventre, les flancs, et les plumes des jambes, sechangent en un joli gris cendré; les grandes pennes alaires surun fond noir, portent chacune, excepté la premiere qui est la plus grande, une tache oblongue à leurs pointes; ces taches sont blanches sur les premieres de ces pennes, et jaunes relevées par du blanc sur les dernieres, ouù elles se trouvent coupées par le blanc du bout de celles à appendices dont nous avons parlé. Les grandes couvertures des pennes alaires, ou ce que les naturalistes nomment l'aile batarde, sont toutes noires, à Texception de
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